Publié le Mercredi 11 mars 2026 à 15h00.

Le 15 mars, renforcer la gauche de combat, construire un front antifasciste

Le premier tour des municipales se déroule dans un contexte de fascisation globale. Dans de nombreux pays, l’extrême droite est déjà au pouvoir ou impose une partie de son agenda. En France aussi, elle ne cesse de gagner du terrain : la droite, toujours plus réactionnaire, s’aligne sur ses positions et une partie importante du champ médiatique lui est acquise.

 

Cette dynamique connaît ces dernières semaines une accélération brutale. À la suite de la mort du militant néofasciste Quentin Deranque, une offensive politico-médiatique s’est déployée pour criminaliser l’antifascisme et délégitimer une partie de la gauche, pendant que les idées de l’extrême droite continuent de se banaliser dans le débat public.

L’extrême droite entend se servir des municipales comme d’un tremplin pour poursuivre son ascension et renforcer son implantation locale.

Affirmer une gauche de combat au premier tour

Pour le NPA-l’Anticapitaliste, ces élections doivent au contraire être un point d’appui pour construire un front antifasciste, unitaire et de rupture, ancré dans les mobilisations et dans les besoins populaires. La progression de l’extrême droite n’est pas une fatalité. Elle peut être empêchée si elle rencontre un camp social organisé, capable de porter des alternatives et de reconstruire des mobilisations collectives.

La lutte contre la fascisation ne se joue pas uniquement dans les élections. Elle suppose aussi de reconstruire des solidarités concrètes, de renforcer les mobilisations sociales et de mener la bataille politique contre les idées réactionnaires. Mais les scrutins comptent aussi : ils peuvent contribuer à modifier le rapport de force et à empêcher l’extrême droite de transformer ses succès électoraux en implantation durable (lire page 8 l’entretien avec Ugo Palheta).

Nous luttons contre l’offensive réactionnaire sur tous les terrains : dans la rue, comme le 14 mars après la forte et belle mobilisation féministe du 8 mars (cf. page 2) ; mais aussi dans les urnes, en votant massivement pour les listes de la gauche radicale. Celles qui portent des mesures d’urgence sociale ; qui défendent les biens communs contre la prédation capitaliste ; qui combattent sans concession le racisme et particulièrement l’islamophobie, qui caractérisent tant de politiques municipales.

Front antifasciste au second tour et au-delà

Le premier tour doit donc permettre d’exprimer clairement le choix d’une gauche ancrée dans les luttes et tournée vers les besoins populaires. Mais il doit aussi préparer le second tour. Or ce qui s’annonce est préoccupant : divisions à gauche et refus de fusion dans des configurations où la droite, voire l’extrême droite, pourrait l’emporter. 

Alors que LFI propose un front antifasciste de second tour, le sectarisme du PS mène toute la gauche dans le mur. Pourtant, dans la situation actuelle, nous ne pouvons pas nous permettre de prendre le risque de laisser des villes gagnables aux mains de la droite. Pour les communes et leurs habitantEs. Mais aussi parce que, face à la progression de l’extrême droite aux niveaux national et international, chaque espace compte pour organiser la résistance.

Le premier tour doit donc être celui de l’affirmation d’une gauche de combat. Et le second doit être celui de l’unité. Nous appelons à refuser les exclusives et les cavaliers seuls, et à la fusion des listes de gauche au second tour à la proportionnelle de leur score du premier.

Au-delà de ces élections municipales, le NPA-l’Anticapitaliste continue d’œuvrer pour un front antifasciste durable, pour que l’ensemble des organisations politiques, syndicales et associatives s’unissent pour construire une riposte militante partout dans les villes, les quartiers, les lieux d’études et les entreprises. 

Manon Boltansky