Quatre ans après les arrestations du 8 décembre 2020, l’affaire dite « 8/12 » revient devant la justice. Au cœur de ce procès en appel : la criminalisation de militantEs présentéEs comme « terroristes d’ultra-gauche » malgré l’absence de faits établis, et les enjeux politiques d’un usage élargi de l’arsenal antiterroriste.
Le 8 décembre 2020 – date qui donnera son nom à « l’affaire » – dans plusieurs villes de France, sont arrêtées plusieurs personnes, immédiatement présentées comme des terroristes d’ultra-gauche.
Lourdement condamnéEs
En 2023, les 7 inculpéEs du 8/12 sont condamnéEs pour terrorisme « d’ultra-gauche » avec des peines de prison ferme, inscription au FIJAIT (fichier des auteurs d’infractions terroristes), interdiction de communication entre elleux, obligation de travailler mais interdiction de certains domaines… CondamnéEs parce qu’il leur était reproché « d’avoir l’intention » d’attaquer, qui l’État, qui la police, qui l’armée, qui la République… Malgré un flou total concernant tous ces points, malgré l’absence de faits reprochés, malgré l’absence même de projet avéré, les 7 sont condamnéEs. 6 d’entre elleux font appel de cette décision : le procès aura lieu du 4 au 22 mai à Paris.
Encore, notre soutien !
Nous l’avons écrit avant et au cours du procès, les condamnéEs du 8/12 ont besoin de notre soutien ! Il faut donc poursuivre la mobilisation pour le faire connaître afin d’empêcher que la justice et l’État ne les invisibilisent ! Et l’enjeu de l’appel dépasse le cas de ces camarades. En effet, si la caractérisation de terrorisme était confirmée, l’outil antiterroriste pourrait alors voir ses possibilités de répression s’élargir sur la base de la pensée politique des personnes ciblées. Alors que nous voyons de plus en plus de mouvements qualifiés de terroristes, que les méthodes et les moyens de l’antiterrorisme sont de plus en plus présents dans les procédures visant le mouvement social, notamment contre la solidarité avec la Palestine, il est important de faire annuler ces condamnations.
Encore, notre présence !
Le procès en appel se tiendra devant la Cour d’appel de Paris, sur l’île de la Cité, du 4 au 7 mai, du 11 au 13 mai et du 20 au 22 mai 2026. Les audiences se dérouleront sur des journées entières à partir de 9 h et sont publiques, il est donc possible d’y assister, mais comme l’entrée dans l’enceinte du tribunal peut être longue, il est recommandé de venir en avance.
La présence dans la salle est importante car cela rend le soutien visible, pour les juges, pour la presse, mais aussi et surtout pour les camarades qui sont jugéEs. Les soutiens organisent la prise de notes en vue d’une éventuelle publication. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé lors du procès en première instance, qui a fait l’objet de chroniques quotidiennes rassemblées en un livre. Qui terrorise qui ? : Chroniques du procès des inculpéEs du 8/12. À lire pour le compte rendu des audiences, pour percevoir l’ambiance dans la salle et aussi pour le résumé de l’affaire qui débute l’ouvrage.
Anna Ralebolle
Concrètement :
On peut participer et partager la cagnotte (un procès de cette ampleur coûte très cher) https://www.helloasso.com/associations/l-asso-lulle-de-feu/collectes/cagnotte-de-soutien-aux-inculpe-es-du-8-decembre
Pour suivre l'actu : https://soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org/
Contact : 812support@riseup.net et/ou soutien-8dec@riseup.net