Édito de l'Anticapitaliste n° 797, par Alex Bachman
Condamné en première instance et placé en détention pendant vingt jours, Sarkozy est donc jugé en appel pour le financement de la présidentielle de 2007.
Cet énième procès Sarkozy mérite qu’on s’y intéresse, surtout pour ce qu’il en dit des mœurs de la classe dominante.
Sarkozy en est à sa troisième condamnation : pour corruption dans l’affaire « Bismuth » ; pour financement illicite de campagne électorale dans l’affaire Bygmalion ; et pour association de malfaiteurs suite au financement par Kadhafi de la campagne de 2007.
Le tribunal l’a reconnu coupable et condamné à cinq ans ferme pour avoir envoyé Guéant et Hortefeux négocier un pacte de corruption avec Abdallah Al-Senoussi.
Les termes du marché : des millions en espèces pour la campagne contre une certaine bienveillance à l’égard de Senoussi. Celui-ci, beau-frère de Kadhafi et chef des services secrets libyens, avait été condamné à la perpétuité pour l’attentat contre le DC-10 d’UTA (170 morts en 1989).
Sarkozy a fait appel et, le moins que l’on puisse dire, c’est que la solidarité de classe ne joue pas à plein régime.
Sarkozy se défausse sur ses anciens subordonnés et amis. À commencer par Guéant, son ancien secrétaire général à l’Élysée puis ministre de l’Intérieur, qu’il accuse à demi-mot d’avoir pioché sans façon dans l’argent libyen pour son bénéfice personnel.
Il prétend ne pas avoir été informé des voyages en Libye de Guéant et Hortefeux pour rencontrer Senoussi.
Il invente un « réseau chiraquien » mené par son propre avocat, Thierry Herzog.
Acculé, risquant une condamnation plus sévère qu’en première instance, l’ancien président est prêt à tout pour sauver sa peau, balançant ses complices.
Une leçon de choses à méditer sur les valeurs d’une haute bourgeoisie si prompte à donner des leçons de « valeurs républicaines » aux classes populaires.