Publié le Samedi 7 novembre 2026 à 09h00.

Stop au permis de tuer

Partout en France, un mouvement social uni s’est retrouvé le weekend du 19 et du 20 septembre à l’appel du collectif SAVE - Stop aux Violences d’Etat - constitué autour des proches de Souheil Khalfaoui, assassiné par la police en août 2021 à Marseille. Malgré son choix regrettable de privilégier une alliance large avec les partis institutionnels, du PS à la FI pour construire la mobilisation, la centralité de l’échéance a été reconnue par toustes. A Paris, ce ne sont pas moins de 50.000 personnes qui se sont retrouvées pour refuser le permis de tuer, et toutes les organisations étaient en nombre conséquent. Partout consensuelle, une telle réussite n’a pas pu être reproduite partout : alors que l’échéance est fixée depuis Juillet, l’impréparation relative de l’événement, dans beaucoup de régions, établit notre feuille de route : constituer, partout, le front contre la fascisation et le racisme d’Etat dont nous avons besoin.

A Paris, la manifestation était organisée en trois espaces : en tête, les collectifs des familles de victimes, intermédiaire, le cortège antiraciste et décolonial, entre autres structuré par la présence d’Urgence Palestine, et enfin la succession des partis politiques. Comme à l’accoutumée, nous étions convié.es à nous exprimer sur le camion d’UP et nous avons participé au service d’ordre de nos camarades. Nous avons répondu à l’appel, en soulignant l’inspiration que représente la lutte du peuple palestinien, confronté au paroxysme de la logique de l’état racial en Palestine occupée, le permis de tuer de la police israélienne débouchant sur la loi rétablissant la peine de mort pour les résistantEs palestinienNEs. Pour l’union antiraciste contre l’islamophobie, nous avons réaffirmé l’unité du mouvement antiraciste, contre l’ordre racial. 

Dans notre cortège, nos priorités politiques se sont transcrites avec une apparition réussie : un livret de slogans avait même été édité pour l’occasion permettant une grande coordination pour une manifestation qui s’est étirée tout au long de l’après-midi, tandis que nos militantEs pouvaient diffuser le matériel de notre campagne antiraciste contre les violences policières. Magistrale lors de sa prise de parole, notre camarade Louisa, membre du comité exécutif et de l’animation de la commission antiraciste du parti, a su mettre en évidence le continuum racial : « Nous on sait que ça veut dire : un permis de tuer pour les flics ! Nous on refuse de laisser passer cette loi qui donnera encore plus un pouvoir de vie ou de mort de la police sur les jeunes non blancs. Parce que c'est eux qui sont majoritairement tués par la police ! Les médias ont beau dire que les policiers racistes, c'est des brebis galeuses, comme pour les policiers municipaux de Carcassonne, tous les six mois ou presque on a les mêmes affaires de propos racistes.  Et ça c'est que ce qu'on sait de vidéos qui sortent! Mais il ne s'agit jamais seulement de mots. Le racisme et la déshumanisation des jeunes racisés qui autorise les insultes est aussi ce qui permet et justifie les violences physiques jusqu'à la mort. (...) À Carcassonne le 21 juin, un policier a projeté au sol Youssef 29 ans. Youssef est mort treize jours plus tard. » Au-delà de sa critique de l’actualité récente et de l’idéologie bourgeoise, en cohérence avec le niveau de conscience de notre classe et des premierEs concernéEs, notre camarade a rappelé nos revendications contre l’ordre capitaliste et racial, qui ne peuvent passer par une quelconque et illusoire réforme de la police : « La police est un outil de maintien de l'ordre capitaliste, qui protège les dominants. Nous on dit qu'il faut abolir la police ! On veut pas plus de commissariats, plus de policiers et plus de moyens. Pour sauver des vies, aujourd’hui, il faut désarmer la police et ne pas céder systématiquement aux revendications des syndicats policiers. Aux côtés de familles de victimes de la police, on dit :« pas de justice pas de paix, pas de permis de tuer ! »