Lundi 12 janvier, face à une salle comble, Fanny Gallot et Ugo Palheta ont livré sans anesthésie un état des lieux salutaire de la période que nous traversons : celle d’une extrême droite mondiale toujours plus décomplexée et violente, rappelant que le fascisme est un projet bien réel contre lequel il est urgent de s’organiser.
Ugo Palheta a commencé par dresser le paysage, assez peu bucolique, de la situation internationale. Radicalisation idéologique, violences de rue, militarisation de l’État, guerres impérialistes… De Trump à Modi, d’Orbán à Bolsonaro, le néofascisme n’est ni un accident, ni une crise d’adolescence démocratique. Il s’inscrit dans un contexte de crise profonde du capitalisme, assortie d’une gauche affaiblie et de classes dirigeantes prêtes à tout pour préserver leurs profits, y compris jouer avec le feu au mépris de l’histoire. Contrairement au récit paresseux d’une « colère populaire », le racisme n’est pas un effet secondaire de la fascisation, il en reste même le principal moteur. L’ethno-nationalisme sert de ciment idéologique pour faire accepter l’austérité, la répression et la destruction des droits sociaux. Quand l’économie vacille, on désigne des boucs émissaires, intérieurs ou extérieurs. Classique. Toujours efficace.
Fanny Gallot a ensuite pris le relais pour démontrer que cette offensive est, également, une attaque frontale contre les femmes, les personnes LGBTQIA+ et toutes celles et ceux qui remettent en question l’ordre patriarcal. Campagnes « anti-genre », éducation réac, transphobie institutionnalisée, féminisme d’État racialisé… Hypocrisie totale et objectif limpide : sous couvert de protéger les femmes, on stigmatise les populations racisées et on discipline les corps. Derrière les discours sur la natalité ou la « civilisation », un projet clair : produire des familles blanches, hétérosexuelles, dociles, et une main-d’œuvre précaire.
Si le constat pourrait donner envie de se rouler en boule sous un plaid, les intervenantEs l’ont rappelé : à la circulation internationale des idéologies réactionnaires répond une circulation tout aussi puissante des résistances. Grèves féministes, mobilisations antiracistes, soulèvements populaires… la colère ne se dissout pas, elle s’organise. Parce que l’antifascisme n’est pas un slogan : c’est une nécessité stratégique. Une autodéfense collective aujourd’hui, pour pouvoir attaquer demain.
Prochain rendez-vous le lundi 16 février pour parler communalisme avec Cathy Billard, Cécile Gintrac et Yohan Dubigeon.
Cyrielle L. A.