Partout dans le monde, le patriarcat structure encore et toujours la société et nos rapports sociaux.
Et avec la montée de l’extrême droite partout dans le monde, les discours conservateurs et réactionnaires ressurgissent.
Faire grève contre les violences et le patriarcat
Même le Haut Conseil à l’Égalité (HCE) constate que « les violences sexistes et sexuelles perdurent ou sont en hausse ».
Violences
Les violences s’inscrivent dans un continuum, elles participent toutes à l’oppression et à la surexploitation des femmes. Les remarques sexistes, les regards appuyés, le dénigrement des femmes créent un climat qui autorise les hommes à agresser, violer et tuer des femmes, des filles et des enfants. En 2025, ce sont 164 femmes et minorisées de genre qui ont été assassinées en raison de leur genre et 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles.
Inégalités
Les femmes sont surexploitées et cela ne va pas en s’arrangeant : le rapport du HCE sur l’état du sexisme en France montre que « les inégalités sociales et économiques sont très nettement persistantes ». Emplois précaires (60 % des CDD sont occupés par des femmes), temps partiels imposés, plafond de verre, violences au travail, écart de salaire… Les métiers féminisés (santé, soin, éducation, services…) sont systématiquement dévalorisés.
La CGT (sur son site égalité professionnelle) se questionne : « Comment expliquer qu’une sage-femme est payée en fin de carrière 17 % de moins qu’un ingénieur hospitalier, pour un recrutement également à bac+5, avec un niveau équivalent de responsabilités et de charges physiques et nerveuses ? » Par ailleurs, les tâches permettant de faire vivre la société sont essentiellement endossées par les femmes (éducation, ménage, soin), souvent effectuées gratuitement, contraignant les femmes à une double journée de travail.
Masculinisme
Enfin, le rapport alerte : « Les discours sexistes et masculinistes ont gagné en visibilité dans les médias et les discours politiques ». Le masculinisme constitue le mouvement actuel de l’antiféminisme, qui s’organise en réaction à l’émancipation des femmes. Cette idéologie est liée à la montée de l’extrême droite et des idées réactionnaires.
Solidarité féministe internationaliste
Guerres, misère, autoritarisme, réchauffement climatique font exploser les violences dans le monde.
Partout, les femmes luttent
En Italie, en Argentine, en Pologne, aux États-Unis… les attaques se multiplient : fermeture d’un site gouvernemental sur les droits sexuels et reproductifs, tentatives de révocation de décrets permettant d’accéder à la pilule abortive, attaques contre les personnes trans… Mais partout, les femmes luttent et se mobilisent pour leurs droits, comme en Iran lors du mouvement « Femme, Vie, Liberté » ou lors de la mobilisation sociale cette année.
Le viol, arme de guerre
Le contexte est aussi marqué par une intensification des guerres impérialistes et des conflits armés. Le rapport de l’ONU de septembre 2025 alertait : « en deux ans, les violences sexuelles liées aux conflits dans le monde ont augmenté de 87 % ; les victimes civiles parmi les femmes et les enfants ont quadruplé ». On pense à l’utilisation du viol massif comme arme de guerre au Soudan ou en République démocratique du Congo, aux violences reproductives qui s’y rajoutent et participent du génocide comme à Gaza, avec la destruction systématique des hôpitaux et maternités. Dans ces situations dramatiques, des millions de personnes essaient de fuir vers les pays du Nord. Lors de leur fuite, les femmes sont encore plus que les hommes confrontées à des traitements inhumains.
Face à ces violences, nous avons, ici en France et dans l’ensemble des pays impérialistes, la responsabilité de nous mobiliser contre les politiques mortifères menées par nos propres gouvernements partout dans le monde.
En chiffres
Violences en France
• En 2025, au moins 164 féminicides perpétrés
• 153 000 personnes majeures victimes de viols et 217 000 d’agressions sexuelles
• Les victimes sont à plus de 90 % des femmes et les mis en cause à plus de 90 % des hommes ou des garçons
• 160 000 enfants victimes de violences sexuellesAu travail
• 26 % d’écart salarial en moyenne entre les hommes et les femmes
• 82 % des salariéEs à temps partiel sont des femmes
• Les femmes touchent 40 % de pension de retraite en moins que les hommesÀ la maison
• 68 % des femmes font la cuisine ou le ménage chaque jour, contre 43 % des hommes