Mi-septembre a débuté en France le plus grand mouvement de la jeunesse depuis des décennies. Le 2 octobre, plus de 1 000 lycées étaient mobilisés, et 80 % des facs les ont rapidement rejoints et ont vu leurs portes fermées. Le 13 octobre, plus de 6 800 personnes avaient été interpellées puis placées en garde à vue depuis le début du mouvement, dont 86 % de mineurEs. Ces chiffres donnent la mesure de la répression, dans un contexte de violence policière toujours plus forte.
Malgré cette répression sans précédent, la mobilisation s’étend. Les 13 et 17 octobre, des manifestations ont rassemblé des foules considérables partout en France. Le 17, la mobilisation s’est prolongée après les cortèges par des manifestations spontanées : dans la nuit, des magasins de luxe ont été ciblés dans plusieurs villes. Des denrées alimentaires ont également été « réquisitionnées », selon les lycéenNEs, puis en grande partie redistribuées aux personnes sans domicile fixe.
Des lycéenNEs qui s’organisent
Partout, les lycéenNEs s’organisent, d’abord dans leurs lycées, puis en coordinations régionales et nationales. Le 18 octobre, la seconde assemblée générale de la coordination nationale lycéenne (CNL) s’est tenue à Paris, réunissant des délégations de lycéenNEs éluEs en AG locales de Nantes, Toulouse, Rennes, Brest, Bordeaux, Tours, Angers, Montpellier, Aix, Marseille, Grenoble, Lyon, Besançon, Montbéliard, Nancy, Strasbourg, Lille, Dunkerque, Rouen, Caen, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et, évidemment, de Paris. DécidéEs à faire entendre leur voix à l’échelle nationale, ils et elles y ont discuté de la suite du mouvement.
Tenir dans la durée
Ce mouvement se construit aussi sur la durée. Les jeunes mobiliséEs cherchent à prévenir les effets durables de la répression et l’épuisement des personnes engagées dans la lutte, font régulièrement le point sur leurs formes d’action et d’organisation et s’organisent pour se soutenir. Des cagnottes locales et une cagnotte nationale financent le matériel (bannières, mégaphones, encre…) et les déplacements des délégations, qui nécessitent parfois cinq heures de train. Des cours autogérés sont envisagés pour limiter le retard dans les apprentissages malgré les blocages : les lycéenNEs veulent poursuivre leurs études tout en maintenant la mobilisation et répondre à celles et ceux qui les accusent de chercher seulement à éviter les cours.
Vers la grève générale
Enfin, le mouvement appelle à une convergence des luttes. On a vu les lycéenNEs marcher aux côtés des travailleurEs et échanger avec elles et eux sur les lieux de blocage. Pour la première fois, dimanche 18 octobre, la CNL a voté la rédaction d’un tract appelant à la grève générale : une avancée majeure, qui témoigne de la volonté de la coordination d’élargir la mobilisation et de s’inscrire dans la lutte des classes. Sa ligne stratégique, d’après ses appels et communiqués : bloquer les lieux de pouvoir et les principaux sites économiques, paralyser les gares et perturber les émissions de télévision, comme les lycéenNEs ont déjà commencé à le faire.
le 18 octobre 2026