Publié le Mercredi 28 octobre 2026 à 17h43.

Le gouvernement plie, mais il plie mal

La mobilisation contraint le gouvernement à annoncer des concessions. Mais ces mesures dérisoires restent loin des revendications de la jeunesse. Pour obtenir satisfaction, la lutte doit s’amplifier à la rentrée et le 5 novembre.

 

Malgré les vacances scolaires, malgré la répression violente, malgré les tentatives de dissuasion et de division, les mobilisations des 17 et 24 octobre ont été de grandes réussites. Plus de 800 000 personnes dans la rue pour exprimer en chœur une colère face au mépris du gouvernement, un refus de la propagande médiatique et une critique globale du système en place.

 

Des annonces au rabais

Ce lundi 26 octobre, le gouvernement a plié. Lecornu a d’abord reçu des influenceurEs à Matignon pour présenter ses nouvelles mesures, puis les syndicats étudiants et lycéens séparément, évitant une contradiction trop forte en face de lui.

Ces annonces sont : une refonte de Parcoursup, la plateforme de sélection post-bac, pour 2028, 15 000 places de plus dans l’enseignement supérieur, 4 milliards d’euros pour la rénovation des bâtiments, 1 420 postes de professeurEs et de remplaçantEs dans le secondaire, ainsi qu’une limitation des classes de seconde à 28 élèves.

En plus du foutage de gueule de la rencontre des tiktokeurEs avant la jeunesse mobilisée, ces propositions sont un enfumage complet. Non seulement ces mesures ne s’appliquent que dans un an, voire plus, mais elles sont en plus dérisoires. La refonte de Parcoursup ne prévoit qu’un accompagnement plus « lisible » des démarches, grâce à une intelligence artificielle ; les places manquantes dans l’enseignement supérieur sont au nombre de 250 000 et non de 15 000 ; les postes de professeurEs sont trop peu nombreux ; et pourquoi se limiter aux classes de seconde pour les 28 élèves par classe ?

 

Un premier recul imposé par la lutte, amplifions-la !

Ses tentatives de dissuasion et de division par la peur montrent leurs limites. Alors, malgré ses interdictions de rassemblements, ses couvre-feux et ses arrestations par milliers, le gouvernement est tout de même obligé de lâcher du lest. Cependant, ce ne sont pour le moment que des « miettes ». Les revendications sont pourtant claires depuis le début : fin totale des plateformes de sélection, fin du 8 h-18 h et des cours le samedi, un financement massif de l’enseignement, fin du décret raciste « Bienvenue en France », fin de la répression policière et amnistie des condamnéEs.

Les syndicats et la jeunesse ne sont pas dupes et appellent à continuer la lutte, à bloquer de plus belle ce lundi 2 novembre, jour de la rentrée, et à rejoindre la mobilisation du 5 novembre à l’appel de l’intersyndicale. Ce recul est le premier obtenu depuis longtemps par une mobilisation sous le macronisme. Cela démontre une chose : le pouvoir a peur de cette mobilisation générale !