Publié le Mercredi 4 février 2026 à 14h00.

Manifestations nationales contre l’ICE et Trump

Les raids de l’ICE se poursuivent, des journalistes sont arrêtéEs et des registres électoraux saisis, alors que l’opinion publique se retourne contre Trump. Tout cela pourrait peser sur les élections de mi-mandat de novembre.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté, dans des centaines de villes, contre les politiques d’immigration ce week-end après le meurtre de deux citoyenNEs américainEs par des agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). D’énormes manifestations ont eu lieu à Minneapolis et dans le froid glacial de New York. Des lycéenNEs et des étudiantEs ont organisé des grèves en Californie et en Floride.

Une répression choquante

Le pays a été choqué par l’arrestation sans précédent de deux journalistes : Don Lemon, anciennement de CNN, et Georgia Fort. À St. Paul, ville jumelle de Minneapolis, le 18 janvier, après avoir suivi des militantEs qui ont perturbé dans son église un pasteur qui est également agent de l’ICE, les deux journalistes ont été arrêtéEs, accuséEs d’avoir organisé la manifestation et d’avoir violé la liberté de culte. Sans surprise, compte tenu du racisme de Trump, les deux journalistes sont noirEs.

Dans un développement tout aussi surprenant, des agents du FBI ont fouillé un centre électoral du comté de Fulton, en Géorgie, à la recherche de bulletins de vote de l’élection de 2020. Le gouvernement prétend enquêter sur une fraude électorale, mais il s’agit clairement de recueillir des informations sur les électeurEs et d’intimider les votantEs. La procureure générale Pam Bondi a poursuivi le Minnesota et 23 autres États pour obtenir leurs registres électoraux, affirmant que le chaos à Minneapolis pourrait prendre fin si l’État remettait ces registres.

Un autre évènement a consterné le pays : l’arrestation à Minneapolis et le transfert vers le centre de détention de Dilly, au Texas, de Liam Ramos, âgé de cinq ans, que l’on voit dans des vidéos avec son sac à dos Spiderman et son bonnet à oreilles de lapin. Le DHS a affirmé que l’enfant avait été abandonné, alors qu’il vivait avec sa mère et son père, ce dernier ayant également été arrêté. Les détenuEs ont protesté dans la cour de la prison en criant « Laissez-nous sortir ». Des sympathisantEs venuEs manifester devant la prison ont été disperséEs à coups de gaz lacrymogène et de matraques. Un juge a ordonné la libération du garçon et de son père.

Le mouvement national contre l’ICE prend de l’ampleur

Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, et le maire de Minneapolis, Jacob Frey, ont exigé que l’ICE mette fin à son « invasion ». Mais Trump et le « tsar des frontières », Tom Homan, ont refusé de retirer les 3 000 agents présentEs à Minneapolis. La ville a intenté un procès contre l’ICE pour obtenir une injonction, mais un juge fédéral a refusé.

Le pays a atteint un tournant. Les vidéos du meurtre, le 24 ­janvier, d’Alex Pretti, l’infirmier qui portait un pistolet pour lequel il avait un permis, ont clairement montré que l’ICE l’avait assassiné. Les démocrates, des républicainEs et les militantEs conservateurEs pour le droit au port d’armes ont critiqué Trump. Les sondages montrent que beaucoup d’AméricainEs, démocrates, républicainEs et indépendantEs, rejettent les attaques violentes de l’ICE contre les migrantEs et les citoyenNEs. Les sondages de janvier ont montré que plus de 60 % des électeurEs s’opposent aux tactiques de l’ICE.

Au Congrès, les démocrates font pression sur les républicains pour tenter de réduire le budget du département de la Sécurité intérieure. Les démocrates ont exigé que les agents d’immigration soient démasquéEs, que l’ICE mette fin à ses rafles aveugles dans les communautés, qu’elle obtienne des mandats d’arrêt judiciaires et qu’elle respecte des directives strictes en matière d’usage de la force. Cependant, il n’est pas certain que les démocrates puissent obtenir satisfaction.

Il existe désormais un mouvement national contre l’ICE, et il prend de l’ampleur. En novembre, Trump pourrait peut-être perdre le contrôle du Congrès.

Dan La Botz, traduction Henri Wilno