Publié le Jeudi 22 juin 2017 à 12h36.

BD : Les situationnistes

Textes de Christophe Bourseiller et dessins de Jake Raynal, La petite bédéthèque des savoirs, Lombard, 2017, 10 euros

Comme le disent les premiers mots de ce petit livre, « À bien des égards, l’histoire de l’internationale situationniste se confond avec celle de son principal animateur, Guy Debord ». C’est donc bien en compagnie de Guy Debord que cette petite collection un peu pédagogique et explicative (au bon sens du terme) nous propose de passer quelque soixante-dix pages.

D’abord à conseiller aux néophytes qui, après en avoir entendu parler, veulent être introduits un peu plus précisément au mouvement situationniste. Un mouvement qui a marqué la vie intellectuelle et politique de l’Europe des années 1950 aux années 1970, émaillé par de magnifiques slogans qui ont notamment laissé leur empreinte sur le Mai 68 français (« Vivre sans temps mort, jouir sans entrave »), et par de multiples provocations dont les derniers soubresauts se feront sentir... dans le mouvement punk anglais ! L’occasion de mesurer l’apport incontestable de la critique radicale de la « société du spectacle », le paravent d’une société de consommation qui, derrière le masque de la prétendue abondance des biens, cache mal le développement des frustrations.

Pour les déjà initiéEs, cette petite réexploration – fort agréable – sera l’occasion de survoler ses classiques en remettant en place l’ordre des choses, et de s’interroger (en ce qui nous concerne) sur la place de la critique situationniste dans notre propre élaboration et nos propres bilans. Qu’avons-vous à garder de Raoul Vaneighem quand il écrit que « Ceux qui parlent de révolution et de lutte de classes sans se référer explicitement à la vie quotidienne, sans comprendre ce qu’il y a de subversif dans l’amour et de positif dans le refus des contraintes, ceux-là ont dans la bouche un cadavre » ?

Riche dans son iconographie et d’une lecture aisée, pour commencer à répondre à cette question (et à bien d’autres), on ne peut que conseiller de se plonger dans ce petit opuscule très bien réalisé.

Manu Bichindaritz