Éditions Hystériques & Associées, 2026, 160 pages, 18 €
Poétesse africaine-américaine, membre des Black Panthers et contributrice de Sinister Wisdom, un journal littéraire, théorique et artistique lesbien, Pat Parker n’avait jusque-là jamais vu sa poésie traduite en français.
C’est chose faite grâce à la formidable maison Hystériques & Associées, qui nous permet de découvrir ou redécouvrir des penseuses importantes du féminisme lesbien.
Dans ce premier recueil, Pat Parker nous raconte avec précision les injustices, l’oppression patriarcale, raciste et capitaliste qui forment un système unique et qui pèse sur les corps comme sur les âmes.
On peut ainsi citer le brillant poème « Se mouvoir en noir » (p. 77-84) ou encore « Georgia, Georgia, Georgia on my mind » (p. 91-94).
Pat Parker répond à cette violence par un humour sardonique, qui éclate dans ses poésies comme celle des pages 48-49, intitulée « À toute personne blanche qui veut savoir comment devenir mon amie ».
Elle y répond aussi par l’appel à la lutte, à la construction de solidarités et de mobilisations pour le changement social.
Elle y répond enfin par la célébration de l’amour lesbien et de la sororité, notamment entre femmes noires, à l’image du beau poème qu’elle consacre à Audre Lorde.
Hystériques & Associées annonce la publication au mois de mai 2026 de La révolution n’est ni propre ni jolie ni rapide, un recueil de trois articles de Pat Parker consacrés à la révolution anti-impérialiste, à la parentalité lesbienne et à la libération homosexuelle…
Et franchement, on a hâte !
Sally Brina