Publié le Dimanche 26 avril 2026 à 20h22.

 Une brève histoire de l’espoir, de Mathieu Bélisle

Éditions Lux, 2025, 184 pages, 18 €.

Le saviez-vous ? Pandore n’avait pas une boîte mais une jarre ! Qu’importe d’ailleurs, jarre ou boîte, Zeus l’avait prévenue : ne l’ouvrir sous aucun prétexte ! Bien entendu, rien de tel pour appâter la curieuse ! Ève, Adam, Pandore, la femme de Barbe-Bleue — vous savez, la sœur de cette Anne qui ne voit rien venir — toutes et tous s’y sont laisséEs prendre ! La jarre, finalement ouverte, libère donc les maux qui ont accablé l’humanité et l’accablent encore : la guerre, la maladie, la vieillesse, la misère, la famine, le vice, la passion et l’orgueil (il se dit que le fascisme est d’invention plus récente...). Restera, au fond de la jarre refermée, l’espoir, plus lent à s’en échapper.

C’est là le début de la très longue histoire de notre humanité, traversée de façon fulgurante par la brève histoire de l’espoir que nous livre Mathieu Bélisle. Érudite et méthodique, cette évocation nous conduit des interprétations antiques — pourquoi donc l’espoir reste-t-il en réserve ? — à l’épreuve du 20e siècle et de ses catastrophes, en passant par les grandes peurs millénaristes et les non moins grandes espérances révolutionnaires, les grandes religions monothéistes et les grandes utopies politiques.

Alors, au bout du compte, tout espoir a-t-il disparu avec la fameuse « fin de l’histoire » ? Est-ce que tout est foutu ? Ou au contraire, notre parcours chaotique ne doit-il pas nous laisser penser que l’espoir est permis ? « Que nous ayons affronté les grandes glaciations et les épidémies, les guerres mondiales et la bombe, que nous ayons cru tant de fois que l’apocalypse était là, à nos portes, tout cela devrait nous mener à penser que l’histoire n’est pas terminée, que si les choses peuvent aller encore plus mal, elles peuvent aussi s’améliorer. » N’est-ce pas là, en guise de conclusion à cet ouvrage passionnant et très abordable, une manière d’entretenir l’espoir ? Une autre manière de dire que nous aurions gagné le droit de recommencer ?

Claude Moro