Publié le Mercredi 27 mai 2026 à 09h09.

Canicule : silence, on cuit !

Édito de l'Anticapitaliste n° 802, par Frank Prouhet

La canicule qui s’abat sur la France a des airs de carte postale joyeuse à la télévision : des plages bondées, des glaces en terrasse. Instagram, c’est toujours mieux avec un rayon de soleil, non ? Plus sexy que les urgences saturées par l’afflux de personnes âgées ou les salariéEs raciséEs du BTP qui souffrent sous le soleil. Plus glamour que les 47 690 personnes mortes de la chaleur en Europe en 2023, selon Nature, un chiffre qui pourrait tripler d’ici la fin du siècle.

Depuis le premier rapport du GIEC en 1990, 1 000 milliards de tonnes de CO2 ont été émises ! Le capitalisme extractiviste ne connaît pas de frein, son seul amour c’est le profit. Alors les canicules sont plus fréquentes, plus longues et plus intenses. Au rythme actuel, elles seront multipliées par 10 d’ici la fin du siècle. Méga-feux, sécheresses prolongées et inondations extrêmes s’enchaînent. 

Le réchauffement détruit les écosystèmes, fragilise l’agriculture, l’accès à l’eau et la santé publique, et aggrave les inégalités. Il touche d’abord les populations les plus pauvres, les femmes, les raciséEs et les peuples autochtones. Certaines régions du globe deviennent inhabitables. Les catastrophes climatiques provoquent déjà chaque année davantage de déplacements que les conflits armés.

Le capital préfère criminaliser celles et ceux qui alertent sur le climat. Derrière chaque degré en plus, il y a la violence d’un tir de grenade tendu à Sainte-Soline qui fracasse le crâne de « l’éco-terroriste » Serge Duteuil-Graziani, il y a Trump qui claque la porte de l’accord de Paris, en pyromane qui préfère les explosions sur l’Iran à la lutte contre le réchauffement climatique, il y a le procès de Lafarge à Rouen, les 1er et 2 juin, contre les militantEs qui occupaient pacifiquement son site de Val-de-Reuil pour dénoncer une multinationale qui engloutit le monde sous le béton. 

La planète brûle, et nous, on se soulève !