Le 10 mars, Macron a organisé un sommet international pour renforcer la place du nucléaire dans la transition énergétique. Ce raout nucléocrate suit les engagements pris à la COP 28, à Dubaï : tripler les capacités nucléaires civiles d’ici 2050.
Dirigeants des États, financeurs, industriels, organisations mondiales étaient réunis pour relancer un nucléaire « nouvelle génération » (une de plus). Aujourd’hui, 417 réacteurs produisent 9 % de l’électricité mondiale, c’est moins de 2 % de l’énergie finale consommée. Pour faire face à une demande en hausse au niveau mondial, les apprentis sorciers prévoient d’augmenter la durée de vie des centrales, de construire de « petits réacteurs », les SMR (Small Modular Reactor), de poursuivre le programme ITER, une chimère, projet qui engloutit des milliards depuis 1985
Le financement ?
Greenpeace a estimé le coût de la relance entre 380 et 650 milliards, si les délais sont respectés. Ce dont on peut douter vu les dépassements de l’EPR de Flamanville (+17 milliards €) et d’Hinkley Point (+14 milliards €). Devant les coûts avancés, les instituts financiers se sont tus. La Cour des comptes a estimé, le 14 janvier 2026, que « le nucléaire a une rentabilité médiocre » et s’inquiète de « l’accumulation de risques et de contraintes qui pourraient conduire à un échec du programme d’EPR2 ». Macron annonce aujourd’hui que c’est le livret A, mode d’épargne préféré des FrançaisEs, qui financera 60 % du programme EPR2. Un montage fumeux, insuffisant pour financer ces 6 EPR2 d’ici 2050 (84 milliards € valeur 2026) et les 8 suivants, le « grand carénage » (prolongation des centrales à 50 et 60 ans), les usines de fabrication et de retraitement des combustibles, le projet Cigéo (d’enfouissement des déchets) à Bure…
Le nucléaire, dépendant et vulnérable
Le nucléaire français dépend entièrement du russe Rosatom, premier enrichisseur d’uranium et constructeur de centrales nucléaires au monde. Développer le nucléaire c’est soutenir le régime criminel de Poutine, contradictoire avec le soutien à l’Ukraine brandi hypocritement par Macron. La présence d’infrastructures nucléaires dans les zones de conflit accroît le risque de catastrophe humanitaire et environnementale, intentionnelle ou pas. À l’heure des guerres en Ukraine, en Iran, la limite entre nucléaire civil et militaire est bien ténue. De plus, d’après une responsable de Greenpeace : « Non seulement le nucléaire n’est pas la solution pour sortir au plus vite des énergies fossiles, contrairement aux énergies renouvelables et aux économies d’énergie, mais sa vulnérabilité aux événements climatiques extrêmes, ainsi que la dépendance du secteur aux aléas géopolitiques créent une insécurité énergétique mondiale incompatible avec la marche actuelle et future du monde ». Choisir le nucléaire : une réponse risquée, coûteuse, rigide et inadaptée à l’urgence.
La transition énergétique ne peut se faire qu’avec les renouvelables et des baisses de la consommation d’énergie. La réponse écosocialiste passe par l’arrêt du productivisme, du consumérisme à tout va et par une reconversion démocratiquement planifiée.
Commission nationale écologie