Publié le Dimanche 1 février 2026 à 09h00.

Arrêter Trump et toutes les offensives néo-coloniales !

Provisoirement adoubée, par l’appareil d’État du régime et par Trump lui-même, comme présidente par interim, Delcy Rodriguez semble naviguer à vue entre deux nécessités : céder au chantage de Trump qui veut s’emparer à marche forcée des ressources en pétrole et en minerais du pays tout en maintenant une certaine stabilité du régime et le calme dans la société et dans la rue.

Depuis des mois, Trump menait en parallèle des négociations avec Maduro et ses représentants et la mise en place croissante de mesures de menaces militaires. Logiquement, une fois la décision de frapper militairement prise, Trump a choisi l’option la moins couteuse en hommes et la moins incertaine en conséquence politiques. Une action de commando à l’abri d’une énorme supériorité aérienne et technologique, combinée à une négociation politico-économique en position de force avec un appareil maduriste décapité mais toujours capable d’encadrer la population et éventuellement de garantir la « transition » qu’exige les États-Unis.

 

Prendre la mesure de l’agression militaire du 3 janvier

Il s’agit de la mise en œuvre d’une politique qui s’est élaborée depuis des année et a été écrite dans le document d’orientation de « sécurité nationale » de novembre 2025 : Les États-Unis, face à leur affaiblissement économique et géopolitique veulent récupérer au maximum le terrain perdu, à commencer par celui qu’ils n’ont jamais cessé de considérer comme leur arrière-cour, l’Amérique latine. Pour ce faire, tous les moyens sont bons, jusqu’aux interventions militaires directes. Les administrations des États Unis, à l’heure d’intervenir contre ceux qu’ils estimaient dangereux pour eux ne se sont jamais imposé trop de limites diplomatiques, démocratiques ou humanitaires.

Le 3 janvier n’est pas un coup de folie d’un président mégalomane, c’est le premier acte d’une nouvelle version, sans fard et sans scrupule, d’une politique impérialiste, colonialiste, profondément réactionnaire. Elle s’appuie, sur les forces et les gouvernements d’extrême droite en Amérique Latine et dans le monde qui toutes, de Milei en Argentine à Netanhyaou en Israël ont salué l’agression militaire contre le Venezuela. Ce qui n’est qu’un juste retour des choses puisqu’on sait que Trump n’a cessé de défendre et d’appuyer ces forces et de favoriser leur arrivée au pouvoir.

Elle s’appuie aussi sur l’hypocrisie ou la lâcheté des gouvernements et partis « démocratique », en Europe ou en Amérique qui au mieux ont « déploré » la méthode de Trump, sans rien faire pour s’y opposer. La palme revenant à Macron qui dans un premier temps été jusqu’à seulement se féliciter de la capture de Maduro.

 

Pour une politique anti-impérialiste

La timidité ou la faiblesse des réactions des rares gouvernements d’Amérique latine qui ont clairement dénoncé l’agression ne suffiront pas à freiner la politique néo coloniale et le chantage permanent qui va avec. Que ce soit au Sheinbaum au Mexique, Petro en Colombie ou Lula au Brésil, leurs discours ou leurs initiatives diplomatiques ne pèseront pas assez lourd sans des mobilisations bien plus massives dans leurs pays mais aussi dans toute l’Amérique, États-Unis compris, pour arrêter Trump et son administration.

C’est cela qui doit guider la politique et les initiatives des révolutionnaires dans le monde. Encourager, favoriser, appuyer partout des mobilisations les plus massives et les plus unitaires possibles Dénoncer et combattre toutes les agressions coloniales, impériales, toutes les forces d’extrême droite et racistes. Il s’agit des mêmes ennemis, des mêmes menaces.

Les appels dans ce sens se multiplient. Il faut notamment saluer celui lancé le 5 janvier dernier par plus de 150 personnalités et organisations d’Amérique Latine qui invitent partis politiques, associations et syndicats à se réunir dans une conférence Conférence internationale antifasciste et pour la souveraineté des peuples, qui se tiendra fin mars au Brésil Porto Alegre. Cet appel se conclue notamment par ce qui devrait constituer la base de toutes les mobilisations à venir :

—  Retrait immédiat de l’immense force militaire que les États-Unis maintiennent depuis des mois dans les Caraïbes ;

—  Fin immédiate des agressions militaires ! Le respect de la souveraineté territoriale et politique du Venezuela, de l’Amérique latine et de tous les territoires et nations souverains du monde !