Publié le Mardi 10 février 2026 à 10h43.

Baisse du soutien à Trump même parmi les républicains

Durant la première année de son second mandat, Donald Trump exerçait un contrôle quasi absolu sur son parti républicain. Personne dans le parti ne le critiquait, soit parce qu’ils approuvaient ses politiques autoritaires et d’extrême droite, soit parce qu’ils craignaient que, s’ils élevaient la voix, leur carrière ne soit terminée. Aujourd’hui, les choses ont commencé à changer. 

Des républicains ont critiqué ses politiques d’expulsion des immigrantEs, ses publications racistes et sa menace de prendre le contrôle du processus électoral. Dans le même temps, le soutien à Trump est en baisse, comme le montrent les sondages. Trump et les républicains craignent, et de nombreux démocrates pensent, qu’ils pourraient perdre les prochaines élections de mi-mandat le 3 novembre 2026.

Le meurtre d’Alex Pretti par l’ICE, un tournant

Le tournant a été le meurtre à Minneapolis de l’infirmier Alex Pretti par l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), visible par tous grâce aux vidéos de l’événement filmées par des passantEs. Le meurtre de Pretti a contraint Trump à démettre de ses fonctions Gregory Bovino, responsable prétentieux et sadique de l’opération d’expulsions de l’ICE dans cette ville, et à le remplacer par Tom Homan, le « tsar des frontières », ainsi qu’à retirer 700 des 3 000 agents fédéraux présents sur place. Pourtant, l’ICE poursuit ses opérations à Minneapolis et dans d’autres villes du pays, où elle se heurte partout à une forte résistance.

Le public américain est horrifié et indigné par l’ICE et ses attaques violentes contre les immigrantEs et des citoyenNEs étasunienNEs. Aujourd’hui, selon des sondages récents, 65 % des étasunienNEs estiment que l’ICE est allée trop loin. C’est l’avis de 95 % des démocrates, 71 % des indépendants et 27 % des républicains. Et 50 % des personnes interrogées déclarent que l’ICE les rend moins en sécurité, tandis que seulement 22 % estiment qu’il les rend plus en sécurité. Il convient de noter qu’environ 57 % des femmes, un segment crucial de l’électorat, se sentent beaucoup moins en sécurité. Le soutien à Trump reste à 39 %, son score habituel, mais aujourd’hui, et c’est une nouveauté, 51 % des personnes interrogées le désapprouvent fortement.

« La chose la plus raciste venue de la Maison Blanche »

Trump a récemment publié une vidéo en ligne, inspirée du « Roi Lion », qui le présente comme le roi de la jungle, mais dépeint l’ancien président Barack Obama et Michelle Obama comme des singes. La représentation des NoirEs comme des singes est un vieux cliché raciste qui remonte à l’époque de l’esclavage et à l’ère Jim Crow, caractérisée par la privation du droit de vote, la ségrégation et le lynchage, et qui servait à déshumaniser les Afro-AméricainEs. Les démocrates et des républicains ont fermement condamné cette publication. Le sénateur Tim Scott, seul sénateur noir républicain, généralement fidèle à Trump, a déclaré qu’il espérait que cette publication était un faux, « car c’est la chose la plus raciste que j’ai vue sortir de cette Maison Blanche ». Mais ce n’est pas un faux, Trump ou l’un de ses assistants a réellement publié cette vidéo. Après les critiques, il a été contraint de la retirer, mais a refusé de s’excuser.

Vers un coup d’État ?

Enfin, Trump a récemment déclaré : « Nous [le Parti républicain] devrions prendre le contrôle du vote, du moins dans de nombreux endroits, dans 15 endroits. Les républicains devraient nationaliser le vote. » Trump affirme que dans les États et les villes du Parti démocrate, tels que Philadelphie, Atlanta et Détroit, le vote est corrompu. Ailleurs, il se plaint que, avec l’aide du Parti démocrate, des immigrantEs qui ne sont pas citoyenNEs votent. En réalité, il y a peu de fraudes électorales aux États-Unis et le vote des non-citoyenNEs n’est pas un problème. En vertu de la Constitution américaine, les États gèrent les élections et le président des États-Unis n’a aucun rôle à jouer. Certains républicains ont également critiqué Trump pour avoir déclaré que le gouvernement fédéral devrait organiser les élections. On craint que Trump ne déclare l’état d’urgence national au moment des élections, bien que la loi stipule qu’aucune « troupe ou homme armé » ne peut être présent dans les bureaux de vote.

Trump fait pression, et nous aussi. Partout dans le pays, les gens s’organisent contre l’ICE dans leurs communautés, ils prévoient de défendre leurs élections et manifesteront à nouveau le 28 mars, en déclarant « Stop ICE ! Et No Kings ! » (Arrêtez l’ICE ! Et pas de rois !).

Dan La Botz, traduction Henri Wilno