Les négociations entre les États-Unis et la République islamique, qui se sont tenues le dimanche 12 avril à Islamabad, au Pakistan, se sont achevées sans qu’aucun accord n’ait été trouvé.
«Nous rentrons aux États-Unis sans être parvenus à un accord », a déclaré J. D. Vance, vice-président des États-Unis et chef de la délégation américaine, lors d’une brève conférence de presse à Islamabad.
Deux points d’achoppement
Sans que le détail des discussions ne soit connu à ce stade, celles-ci ont visiblement achoppé sur deux points principaux : la volonté de l’Iran de contrôler le détroit d’Ormuz, et son refus d’abandonner son stock d’uranium enrichi.
J. D. Vance, après son départ du Pakistan, a déclaré : « La question est simple : voyons-nous un engagement fondamental de la part des Iraniens à ne pas développer d’arme nucléaire — pas seulement aujourd’hui, pas seulement dans deux ans, mais à long terme ? Nous n’avons pas encore constaté cela. Nous espérons le voir. »
De son côté, le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baqaei, a affirmé qu’il était « évident dès le départ » qu’il ne fallait pas s’attendre à « un accord en une seule session », ajoutant que « personne ne s’y attendait », tout en accusant des « exigences excessives et déraisonnables » formulées par les États-Unis d’avoir empêché toute avancée des négociations.
Ainsi, les deux parties se sont mutuellement imputé la responsabilité de l’échec de ce premier cycle de discussions.
En réalité, les négociations d’Islamabad s’inscrivent dans un contexte d’impasse militaire entre les deux parties, ainsi que d’une augmentation des coûts du conflit pour chacune d’entre elles.
Les États-Unis font face à une pression économique croissante, liée notamment à la crise énergétique et au risque d’une extension du conflit à l’ensemble de la région du golfe Persique. De son côté, la République islamique, soumise à une forte pression militaire et économique, voit ses infrastructures menacées de destruction.
L’Iran au cœur d’équations internationales
Un autre facteur majeur complexifie ces négociations : l’implication d’acteurs tiers. Ces discussions ne se limitent pas à une relation bilatérale entre la République islamique et les États-Unis, mais s’inscrivent dans une équation régionale et internationale.
Israël peut influencer l’évolution vers une escalade des tensions ou vers un compromis. Les forces alliées de l’Iran dans la région, notamment au Liban, constituent également un élément important de l’équilibre sur le terrain. Par ailleurs, des pays comme la Chine et la Russie, ainsi que les États arabes du Golfe, poursuivent chacun leurs propres intérêts et calculs stratégiques, contribuant ainsi à complexifier davantage le processus de négociation.
Cette configuration rend tout accord encore plus difficile à obtenir et particulièrement fragile.
Quel scénario après cet échec prévisible ?
Cependant, l’absence de résultat à l’issue de ce premier cycle de négociations était prévisible. L’expérience montre en effet que le premier round sert généralement à tester les positions des parties, tandis que les véritables négociations ne débutent réellement qu’au cours des cycles suivants.
Il convient notamment de souligner que l’écart entre les positions des deux parties demeure considérable. La République islamique réclame un allègement, voire une levée des sanctions, des garanties de sécurité ainsi qu’une limitation des attaques attribuées à Israël. De leur côté, les États-Unis insistent sur la restriction des capacités nucléaires et militaires iraniennes, ainsi que sur une évolution du comportement régional de Téhéran.
Face à cette situation, deux scénarios principaux, ainsi que plusieurs scénarios intermédiaires, peuvent être envisagés.
Le premier est celui d’un accord limité et temporaire, qui apparaît comme l’option la plus probable : une prolongation du cessez-le-feu et une réouverture du détroit d’Ormuz, sans évolution vers une guerre totale ni vers une paix durable.
Le second scénario est celui d’un effondrement complet des négociations et d’un retour à la confrontation militaire.
S’agissant des intérêts des peuples d’Iran, qui subissent les plus lourdes pertes dans cette guerre dévastatrice, un arrêt complet et inconditionnel des hostilités constitue une nécessité.
Si le cessez-le-feu parvenait à se maintenir, il pourrait offrir aux oppriméEs et aux exploitéEs une opportunité de s’organiser et de se préparer à des luttes plus larges contre leurs ennemis communs.
Houshang Sepehr