Publié le Mardi 27 janvier 2026 à 12h35.

Israël démolit les bâtiments du siège de l’UNRWA à Jérusalem-Est

Mardi 20 janvier, des bulldozers israéliens ont commencé la démolition, sans avertissement, des bâtiments du siège de l’UNRWA à Jérusalem-Est, après une perquisition de force en décembre 2025 et une expulsion des travailleurEs en 2024.

Pour rappel, l’UNRWA est l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiéEs de Palestine dans le Proche-Orient, programme pour l’aide aux réfugiéEs palestinienNEs dans la bande de Gaza qui œuvre depuis 1949. L’agence, dont plus de 300 employéEs ont été tuéEs dans la bande de Gaza depuis le début de ce génocide, compte encore environ 12 000 personnes qui travaillent pour elle.

L’UNRWA interdite dans les territoires occupé

Le directeur de l’agence en Cisjordanie, Roland Friedrich, a affirmé : « il s’agit d’une attaque sans précédent contre l’UNRWA et ses locaux. Elle constitue également une grave violation du droit international et des immunités des Nations unies ». Par ailleurs, Philippe Lazzarini, le commissaire général des Nations unies, a qualifié cette attaque de « nouvelle étape dans le mépris ouvert et délibéré du droit international, des privilèges et des immunités des Nations unies ».

Il s’agit d’une nouvelle attaque dans une longue série de mesures autoritaires prises à l’encontre de l’UNRWA, après l’entrée en vigueur en octobre 2024 d’une loi interdisant ses activités dans les territoires occupés (que ce soit Gaza, en Cisjordanie, à Jérusalem-Est ou dans l’actuel État d’Israël). Israël prétexte que l’UNRWA servirait de couverture au Hamas et que certains de ses employéEs auraient participé à l’attaque du 7 octobre. Pour rappel, ces mesures contre l’UNRWA vont à l’encontre de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies de 1946, à laquelle Israël est partie.

Pire, récemment, une loi votée par la Knesset (le Parlement israélien) a également proscrit tout contact entre les autorités israéliennes et l’UNRWA. Un nouveau texte, voté à la fin de décembre 2025, a acté le fait de couper l’accès à l’eau et à l’électricité des derniers bâtiments utilisés par l’agence.

Une continuité du nettoyage ethnique

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a qualifié le jour de cette démolition de « jour historique » pour la gouvernance de la ville et a qualifié le personnel de l’agence de « sympathisants du terrorisme ». Le maire adjoint de Jérusalem, Aryeh King, a juré de « chasser, tuer et détruire tous les membres de l’UNRWA, si Dieu le veut ».

Derrière ces attaques contre l’UNRWA se cachent des violences coloniales à l’encontre des palestinienNEs qui subissent un génocide depuis le 7 octobre, un nettoyage ethnique depuis 1948 et une violence coloniale depuis le début du 20e siècle. L’État colonial israélien, par ces offensives contre une organisation répondant aux besoins essentiels des palestinienNEs en matière de santé, d’éducation, d’aide humanitaire ou de services sociaux, cherche à éradiquer le peuple palestinien de ses terres ou à l’expulser, comme on peut le voir dans le plan Trump, qui est un plan colonial touristique, de libre-échange et de gratte-ciels mais… sans aucune présence palestinienne. C’est une nouvelle preuve de la déshumanisation des PalestinienNEs par Israël et ses soutiens impérialistes comme les États-Unis, avec la complicité européenne, notamment française.

An Gwesped