Publié le Jeudi 11 mars 2010 à 11h18.

IVe Internationale : 16e Congrès mondial

Du 23 au 28 février s’est tenu le 16e congrès mondial de la IVe Internationale. Il a réuni près de deux cents délégués, observateurs et invités, représentant 61 organisations de 41 pays des cinq continents. À noter la présence des camarades du Pakistan, des Philippines, de Pologne et de Russie qui ont apporté un souffle nouveau dans les débats. Les débats, forts riches, ont tourné autour de trois résolutions : situation mondiale, changement climatique et rôle et tâches de la IVe internationale. Le caractère systémique de la crise du capitalisme (économique, sociale, environnementale et alimentaire) faisait accord, et la discussion a permis d’approfondir la connaissance de la diversité de ses manifestations, des modifications en cours des rapports de forces entre les puissances (rôle de la Chine…) et entre les classes dans divers pays. Une partie spécifique a été consacrée aux enjeux de la cause palestinienne avec le vote d’une motion. Le changement climatique, très majoritairement considéré comme un terrain de bataille décisif du conflit capital-travail, a permis d’enrichir la discussion sur « une rupture radicale du projet socialiste avec le productivisme », le rôle d’une mobilisation de masse sur le climat, appuyée sur les travailleurs et les communautés indigènes notamment, conçue « comme un maillage des résistances sociales existant sur différents terrains » et la nécessité de « mener la lutte idéologique contre le néo-malthusianisme vert, en défense des pauvres et des droits des femmes ». La discussion sur « la réponse actuelle à la crise du mouvement ouvrier et à la nécessité de sa reconstruction », centrée sur les expériences de construction de partis anticapitalistes larges, a souligné la diversité des contextes et des formes d’organisation, sans qu’il soit possible de dégager un modèle applicable partout. Ce congrès, pour la IVe Internationale, signifie un renouveau. Il illustre sa volonté d’une consolidation comme instrument pour aider à l’émergence d’une « nouvelle Internationale » qui serait le fruit du processus politique amorcé par la construction de nouveaux partis anticapitalistes comme au Brésil, en France, en Italie, au Pakistan, en Pologne ou au Portugal. Si le caractère propagandiste de l’appel du président Chávez à une Ve Internationale et la complexité d’une invitation venant d’un chef d’État n’ont échappé à personne, le congrès a souligné son impact et la nécessité d’y répondre en y apportant sa conception d’une Internationale fondée sur un programme de renversement du capitalisme appuyé sur l’auto-organisation des luttes, la démocratie interne et l’indépendance absolue par rapport aux gouvernements.La participation nouvelle d’organisations d’Europe de l’Est et d’Asie, l’ouverture à d’autres courants internationaux, le rajeunissement et la féminisation de sa nouvelle direction, la capacité d’élaboration sur les nouvelles questions à l’ordre du jour et l’annonce d’un réseau d’Instituts de recherche et de formation témoignent de la vitalité de ce réseau international plus de 70 ans après sa fondation.