Publié le Dimanche 8 septembre 2013 à 21h26.

Le monde en bref : lutte dans les fast-foods aux USA

Le 29 août dernier, des milliers de travailleurs des fast-foods ont arrêté le travail dans 58 villes américaines. Un millier de restaurants ont été touchés. Quelques piquets de grève se sont transformés en occupations temporaires, et plusieurs restaurants ont dû fermer. Dans ceux qui n’avaient pas fermé, les managers ont du se débrouiller pour combler les vides. Les salariés ont manifesté dans plusieurs villes. À Memphis, dans le Tennessee, une travailleuse de McDonald's a résumé les objectifs du mouvement : « ça fait près d’un an que je travaille ici. 7,25 $, ça ne permet pas de vivre ». 7,25 $ (5,7 €), c’est le salaire minimum fédéral, inchangé depuis 2009...
Les luttes dans les fast-foods ont démarré depuis plusieurs mois mais une telle extension géographique simultanée est quelque chose de nouveau. Ainsi en mai-juin dernier, elles n’avaient touché que 8 villes. Le 29 août représente donc un pas en avant. Au début, les dirigeants syndicaux ont fait profil bas mais ces dernières semaines, devant l’écho national du mouvement, leur attitude a changé.
La structure de l’activité rend plus difficile le mouvement. Ainsi, McDonald's explique ne pas être concerné car la majorité de ses restaurants sont des franchisés (qui lui payent des redevances)... mais, dans les 20 % de restaurants gérés directement par la société, les conditions ne sont guère meilleures. Le discours patronal assure aussi qu’il s’agit de boulots d’appoint occupés par des jeunes, mais c’est de moins en moins vrai.
Les grévistes réclament d’abord un salaire horaire de 15 $. Des revendications portent aussi sur le droit syndical et les conditions de travail. En mars 2013, Obama avait proposé de porter progressivement le salaire minimum fédéral à 9 $ (6,9 €). Mais cela suppose le vote d’une loi, ce qui est très hypothétique. C’est donc sur leur organisation et leur détermination que les salariés doivent compter pour gagner.