Les lieux culturels queer subissent des pressions croissantes, entre plaintes pour nuisances, contrôles policiers et difficultés financières. À Paris comme ailleurs, ces attaques menacent des espaces essentiels de sociabilité et d’organisation pour les personnes LGBTI.
Le WAB (we are brewers), un bar queer parisien accueillant régulièrement des drag shows, a annoncé être sous le coup d’une procédure judiciaire début février. La raison ? Le lieu a reçu plusieurs plaintes pour nuisances sonores, ce qui pourrait le contraindre à des conséquences « financières exorbitantes », et doit annuler de nombreux événements sous peine d’une « interdiction complète des spectacles », nous explique le bar dans son communiqué.
Le WAB n’est pas une exception : d’autres bars queer parisiens comme la Mutinerie ou le Merci Marsha ont reçu des plaintes similaires pour nuisances sonores. Mais est-ce vraiment le bruit le problème ? Les bars hétéro voisins de ces bars queer font tout autant de bruit et n’ont pourtant pas l’air de recevoir la moindre plainte.
Des lieux rares et précieux
On pourrait naïvement se demander pourquoi les bars queer reçoivent plus de plaintes si visiblement le bruit n’est pas le problème. La raison est simple : ce sont des bars queer. Ces bars accueillent souvent des drag shows, des cabarets, des cercles de parole ou des permanences d’associations. Ils sont un moyen de sociabilité pour une communauté discriminée dans la société. Ces lieux sont rares et précieux, même à Paris ! Et surtout, nombre de conservateurs et de réacs rêvent de les faire fermer.
Ces attaques ne sont pas isolées, elles s’inscrivent dans une offensive plus large contre les lieux culturels queer et contre les personnes LGBTI. Il y a quelques mois, c’était la librairie Violette & co qui était attaquée pour des albums de coloriage pour enfants au sujet de la Palestine. Si beaucoup de librairies proposent des ouvrages sur la Palestine, il n’est pas anodin que la seule librairie féministe et lesbienne de Paris ait été perquisitionnée pour cela.
Attaques judiciaires, policières et financières
Cela fait écho au contrôle policier arbitraire qui avait frappé le Bonjour madame il y a trois ans. Ce contrôle avait mené à une fermeture temporaire du bar. Le communiqué du Bonjour madame suite à cette fermeture rappelait le contexte d’intimidations qui avait précédé : passages réguliers de la police, contravention pour des terrasses qui dépassaient… Fort heureusement, le bar a pu rouvrir en partie grâce au soutien de la communauté qui s’est mobilisée !
Sans même toutes ces attaques, les lieux culturels queer sont quotidiennement en danger à cause du capitalisme. De nombreux bars queer rencontrent régulièrement des difficultés financières : par exemple, la Mutinerie avait été placée en redressement judiciaire il y a bientôt deux ans. Le bar avait pu s’en sortir, notamment grâce à un soutien massif de la communauté !
On pourrait également citer Matthias Renault, député RN de la Somme, qui souhaitait baisser les subventions au mouvement associatif en citant les « Trans Musicales », connues « pour l’organisation de festivals de musique d’artistes transgenres », selon lui
Les attaques contre la communauté LGBTI augmentent, nous devons continuer de lutter pour la préservation de nos espaces culturels !
Commission LGBTI