Publié le Dimanche 26 avril 2026 à 12h41.

Marche lesbienne afrolesbienne, translesbienne, intersectionnelle de Paris

La marche lesbienne afrolesbienne, translesbienne, intersectionnelle (MLATI) de Paris aura lieu le dimanche 26 avril, journée de la visibilité lesbienne, avec pour mot d’ordre « Nos existences sont antifascistes ! Lesbiennes, afrolesbiennes, translesbiennes, unissons-nous ! » Elle débutera par une prise de parole à 14 h pour un départ à 15 h.

Elle est organisée par une interorga composée principalement de Bipan Paris (collectif créé par et pour les BiPan), CLE (communautés lesbiennes étudiantes, collectif lesbien étudiant), DiivinesLGBTQIA+ (association afroqueer afro-caribéenne), Féministes Révolutionnaires (https://feministesrevolu…), Queer Education (collectif d’auto-support, d’auto-­formation et de création de ressources éducatives queers et intersectionnelles), le FAB (front d’action bisexuel, collectif féministe bipan en mixité choisie sans hommes cis), Outrans (association d’auto-support trans pour les personnes trans et non binaires).

Un contexte de fascisation et de lesbophobie

Comme tous les ans, c’est la première marche LGBTI de l’année qui ouvre les suivantes en France. Elle se déroule dans un contexte de radicalisation et de fascisation en France. Nous, lesbiennes, sommes toujours discriminées aujourd’hui. Nous pensons notamment à Caroline Grandjean-Paccoud, directrice d’école à Moussages, harcelée pendant deux ans parce que lesbienne. Plusieurs tags ont été inscrits dans son établissement, des messages déposés dans la boîte aux lettres de l’école (de « va crever sale gouine » à « gouine pédophile »). Elle fera de multiples alertes, déposera de nombreuses plaintes qui resteront sans réponse, l’institution niant tout caractère lesbophobe à ce harcèlement. Elle se suicidera en septembre 2025, le jour de la rentrée des classes. Pour elle et pour toutes les victimes de lesbophobies en France et ­partout ailleurs, nous marcherons et continuerons la lutte.

Contre les instrumentalisations transphobes et racistes

Si les discriminations lesbophobes persistent, les luttes lesbiennes sont instrumentalisées contre les personnes racisées et les personnes trans par la droite et l’extrême droite. Les personnes trans et les personnes racisées (deux grands sujets de l’extrême droite dans le monde, que ce soit en France ou aux États-Unis) seraient un danger pour les lesbiennes, disent les réactionnaires, alors que ces derniers s’opposent aux droits de l’ensemble des personnes LGBTI et sont leur pire ennemi. Aux États-Unis, avec la réélection de Trump, les entreprises capitalistes ne font même plus semblant d’être nos alliées.

Si le gouvernement de Macron se présente toujours comme LGBT-friendly et progressiste, il ne fait rien pour nos droits. La PMA pour les couples de lesbiennes (et femmes seules) a été arrachée presque 10 ans après le mariage pour toustes et sans inclure les personnes trans. Pourtant, par manque de moyens, ce droit n’est pas toujours effectif, c’est pourquoi de nombreux couples de lesbiennes en France ont toujours recours à la PMA à l’étranger et doivent alors faire reconnaître leur statut de mère auprès de l’État français.

Dans le même temps, le gouvernement veut durcir les démarches pour le changement de prénom en France, notamment pour les personnes immigrées. Leur pinkwashing ne fait pas illusion, surtout en ce moment où le gouvernement se droitise, fait passer toujours plus de lois racistes, de casse sociale qui impacteront aussi des lesbiennes.

Notre libération ne pourra jamais être individuelle : elle passera par celle de toutes et de tous ou ne sera pas.

Commission LGBTI