Publié le Mercredi 4 novembre 2026 à 18h00.

Des milliards pour les actionnaires, quelques euros pour les salariéEs !

La matraque n’a pas suffi à faire rentrer dans le rang la colère sociale qui déferle sur la France. Alors le gouvernement y ajoute la promesse de quelques cacahuètes, déjà dévorées par l’inflation ! Indécent face aux profits des grands groupes, dopés par les largesses de l’État-providence… pour des patrons !

 

Le gouvernement essaye de nous vendre sa revalorisation du Smic. En fait, il s’agit pour lui simplement d’avancer d’un mois la revalorisation automatique prévue pour janvier ! Le Parisien évoque une hausse de 1,5 % du Smic : 0,8 à 1 % de revalorisation automatique, et 0,5 % pour le petit coup de pouce. À peine 22 euros en plus pour le Smic. Une aumône après des années d’inflation, de salaires et de point d’indice bloqués. En octobre 2026, selon l’Insee, l’inflation a grimpé à 3,4 %, mais jusqu’à 44,1 % sur le gazole, 25,7 % sur l’essence ! Une inflation qui pèse plus lourd sur les budgets des plus pauvres, qui consacrent l’essentiel de leur budget à l’énergie, l’alimentation ou le logement.

 

Medef et RN vent debout contre l’augmentation des salaires

Déjà beaucoup trop pour Patrick Martin, le patron du Medef, qui s’alarme : « Au motif d’acheter la paix sociale dans la rue, on va créer la pagaille dans les entreprises. » Le RN, le nouveau copain des patrons, propose, lui, par la bouche de sa députée Claire Marais-Beuil, de nouvelles exonérations de cotisations sociales « pour permettre aux patrons d’augmenter les salaires ». Mais aucune garantie que les patrons répercutent cette baisse sur la fiche de paie. Alors la seule certitude, c’est une baisse de ressources pour la Sécurité sociale ! Et un système de santé encore plus inégalitaire, où celles et ceux qui en auront les moyens seront obligéEs de payer des tarifs de complémentaires santé hors de prix, et les autres de renoncer aux soins, avec un système de santé encore plus délabré.

 

Les assistéEs du Cac 40

Les projets de budgets promettent du sang et des larmes aux services publics, à l’école ou à l’hôpital, avec 54 milliards de réduction des dépenses publiques. Mais les cadeaux aux assistéEs du Cac 40 continuent, avec les 211 milliards d’euros d’aides aux entreprises révélés par la commission sénatoriale d’enquête, et les 6,4 milliards d’augmentation des dépenses militaires. Pendant qu’on compte en euros pour les salariéEs, on compte en milliards pour les grandes entreprises et les milliardaires !

Biberonnés aux aides publiques, les profits et les dividendes explosent. Si on y ajoute la spéculation sur l’essence des profiteurEs de la guerre contre l’Iran, la crise n’est pas pour tout le monde. Au deuxième trimestre 2026, les entreprises françaises ont versé 61 milliards d’euros de dividendes aux actionnaires. Sur 2025, les dividendes avaient déjà atteint 72,8 milliards, auxquels il faut rajouter 34,8 milliards de rachats d’actions, qui font s’envoler les cours de la Bourse !

Total se porte bien, merci ! 19,5 milliards de bénéfices sur les neuf premiers mois de 2026, en hausse de 124 % sur un an, mais un impôt sur les sociétés quasi nul en France, selon Gabriel Zucman ! BNP Paribas, 11 milliards de bénéfices sur les trois premiers trimestres de 2026, en hausse de 19 %. L’argent public coule à flots sur le CAC 40, aggrave la dette mais fait gonfler les dividendes des actionnaires ! Comme le dit la rue, de l’argent, il y en a dans les caisses du patronat ; du pognon, ils en ont dans les caisses de Matignon ! De quoi financer 300 euros d’augmentation des salaires, pensions et minima sociaux, leur indexation sur l’inflation et le blocage des prix. En prenant sur les profits, les dividendes et les exonérations !