Publié le Jeudi 15 octobre 2026 à 07h16.

Glucksmann et le PS sont dans un bateau…

Glucksmann et le PS sont dans un bateau. Le PS tombe à l’eau. Qu’est-ce qui reste ?

Le piège s’est refermé sur le PS. À force de se dire de gauche sans l’être, le parti qui fut hégémonique à gauche pendant des décennies se range derrière un homme qui n’est même pas des siens, celui-là même qui proclamait en 2019 que le PS devait mourir. Un sabordage.

Glucksmann remporte la primaire dès le premier tour avec 66 % des voix, contre 14,5 % pour Olivier Faure. Après des décennies de politiques libérales, accélérées sous Hollande, la dégringolade se poursuit. En tirant des bords à bâbord et à tribord, Faure se retrouve le bec dans l’eau.

Il faut dire que cette primaire était taillée sur mesure pour le chef de Place publique : un scrutin restreint (résultat : 79 000 votantEs, quand Benoît Hamon avait recueilli à lui seul 600 000 voix au premier tour de la primaire de 2017), des règles à sa main. Qui, en effet, débourse 15 euros pour un tel vote, sinon les plus déterminéEs à faire barrage… à Mélenchon ? 

Car ce vote n’avait qu’une fonction réelle : un référendum du centre gauche sur l’alliance avec Mélenchon et La France insoumise, ne fût-ce qu’au second tour ou pour les législatives. Sans surprise, le refus l’a emporté.

Face au danger de l’extrême droite, cette orientation est désastreuse. Glucksmann prétend barrer la route au RN, mais c’est contre une partie de la gauche qu’il dresse un cordon sanitaire, en diabolisant LFI et son candidat, notamment pour sa dénonciation du génocide en Palestine.

Il revient à toutes et tous, de LFI à l’ensemble des composantes de la gauche sociale et politique, de construire un front unique antifasciste, avec la candidature Mélenchon comme modalité électorale. Cela suppose une démarche unitaire, qui laisse sa place à chacune des forces engagées.

Mais ce front se construira d’abord par en bas : dans la révolte de la jeunesse, dans les luttes écologistes et antiracistes, contre l’austérité et la répression, dans les syndicats, les quartiers et les cadres unitaires. C’est là que se forge la force capable de faire reculer l’extrême droite et de changer la société.