Ni la répression ni la surenchère raciste ne parviennent à étouffer la révolte sociale. Le 5 novembre doit ouvrir une nouvelle étape pour généraliser la grève, renforcer l’auto-organisation, imposer les exigences populaires et pour cela faire tomber le gouvernement Lecornu, totalement illégitime.
À la mobilisation historique de ces dernières semaines, le gouvernement ne répond que par des miettes, par le racisme et par une répression de plus en plus autoritaire.
Face à la répression…
Avec les interdictions de manifester, les centres-villes bouclés, les couvre-feux, les lycées fermés et les assignations à résidence via les mesures antiterroristes, le pouvoir tente en vain de mater la lutte. Les gardes à vue, les comparutions immédiates et les peines de prison visent à isoler les manifestantEs et à décourager la solidarité. En vain.
Gaz, grenades et matraques frappent sans retenue, y compris les mineurEs, avec des centaines de blesséEs, des mains arrachées et des yeux crevés. Christophe, 59 ans, est mort le 17 octobre après une exposition aux lacrymogènes ; sa famille a porté plainte pour que les circonstances de son décès soient établies. Nous exigeons la vérité, la justice et l’amnistie pour les répriméEs du mouvement. (Lire notre article sur la répression page 3)
au racisme…
Pour disqualifier ce soulèvement populaire, extrême droite, droite et gouvernement en donnent une lecture complotiste et raciste, désignant les non-blancHEs et les musulmanEs comme des ennemiEs. Ils cherchent à diviser les classes populaires pour protéger les possédants.
La tuerie raciste du 23 octobre à Trappes et à La Verrière, qui a tué Pengo Bossio Wangi et blessé sept personnes, ne les a pas arrêtés. Les violences et intimidations se poursuivent : menaces contre la mosquée de Lodève, courrier raciste au maire de Trappes, Ali Rabeh, tags et rassemblement d’extrême droite pour la « remigration » à Paris. Cette surenchère nourrit les passages à l’acte. L’antiracisme doit être au cœur de la mobilisation, avec la solidarité et la protection collective des personnes menacées. (Lire notre dossier sur le racisme page 5)
et aux miettes…
Sous la pression, le gouvernement a dû concéder à la jeunesse 15 000 places dans le supérieur, 1 420 postes dans le secondaire et une refonte de Parcoursup pour 2028. Mais changer la plateforme sans garantir à chaque bachelierE une place dans la formation de son choix maintient le tri social. Les quatre milliards annoncés pour rénover les lycées sont des prêts, quand il faudrait des dotations à la hauteur des besoins. (Lire page 6 l’article sur la reprise de la mobilisation de la jeunesse.)
Même logique sur la vie chère : le gouvernement envisage d’avancer au 1er décembre la hausse automatique du Smic, peut-être avec quelques euros supplémentaires. Rien n’est décidé, et avancer une revalorisation ne remplace pas une augmentation générale des salaires, des pensions et des minima sociaux. Des miettes ne suffiront pas : on n’est pas des pigeons ! (Lire notre article sur les débats budgétaires page 3)
... généralisons la grève et l’auto-organisation !
Pour empêcher le pourrissement voulu par le pouvoir, nous devons généraliser la grève et l’auto-organisation. Le 5 novembre doit servir à étendre la mobilisation dans les entreprises et les services publics, à préparer sa reconduction et sa jonction avec les lycées, les facs et les quartiers populaires.
Les AG et les coordinations doivent permettre de décider ensemble des revendications et des suites. Universités alternatives, cours de lycée autogérés, cantines, caisses de grève, solidarité juridique, street medics, services d’ordre et autodéfense collective donnent les moyens de tenir et d’expérimenter ensemble d’autres manières de s’organiser. Construisons et fédérons des assemblées de front populaire antifasciste qui élaborent des plateformes d’exigences et s’organisent pour qu’elles soient respectées.
Dégageons Lecornu !
Les exigences de la révolte sont légitimes et urgentes : elles expriment le refus de la misère et des inégalités, du racisme et de la fascisation. Il n’y a rien à attendre de Lecornu, Nuñez, Darmanin et compagnie, au service des possédants.
Ils sont illégitimes. Faisons exploser en vol le macronisme sans attendre 2027 !
Pour obtenir satisfaction, dégageons le gouvernement Lecornu et imposons, par notre mobilisation, la satisfaction des exigences populaires.