Publié le Vendredi 6 mars 2026 à 11h00.

Baisse du financement de la France au Fonds mondial de lutte contre le sida

Le 12 février dernier, sans grand écho médiatique, le gouvernement a fait une annonce impactant des milliers de vies à travers le monde. L’État français réduit de 58 % sa participation au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

À l’échelle mondiale, le Fonds mondial est l’un des instruments financiers les plus importants dans la lutte contre le VIH. Bien que cette institution soit régie par des logiques libérales, le Fonds mondial a plusieurs activités cruciales : financement des programmes de lutte contre le VIH, formation des professionnelEs de santé et soutien aux associations communautaires, principalement en Afrique ainsi qu’en Asie du Sud-Est et en Amérique latine. De nombreux programmes médicaux, ainsi que des associations de santé, dépendent de son financement.

En novembre 2025 se tenait la conférence de restitution du Fonds mondial, un grand sommet où les États faisaient des promesses de soutien financier au Fonds mondial. La plupart des États occidentaux ont réduit leur part de financement au Fonds mondial. Ces choix s’inscrivent dans des politiques racistes et nationalistes.

Des conséquences dramatiques

Cette baisse des financements a des conséquences dramatiques à l’échelle internationale et principalement dans les pays dits du Sud. En Afrique, des associations communautaires subissent une baisse de budget, pouvant aller jusqu’à – 70 %. Elles sont souvent contraintes d’arrêter certains programmes de prévention, de dépistage ou de soins. Les systèmes de santé publique sont également grandement impactés. Par ailleurs, les personnes précaires, les personnes LGBTI+, les femmes et les travailleuses du sexe seront les premières touchées.

Si ce désengagement financier se maintient, une étude scientifique, relayée par la revue The Lancet, anticipe jusqu’à 14 millions de décès supplémentaires, dont 4,5 millions d’enfants de moins de 5 ans. À l’échelle internationale, de nombreux experts craignent un rebond de l’épidémie.

Une stratégie impérialiste

Après le démantèlement des agences américaines consacrées à l’aide au développement, l’administration Trump a décidé de mettre en place une nouvelle stratégie impérialiste de santé mondiale, appelée « America First ». Cette stratégie se traduit par la conclusion d’accords bilatéraux entre les États-Unis et les pays d’Afrique. En contrepartie du financement de leur système de santé, l’administration américaine demande aux autorités africaines d’atteindre des objectifs précis. Cela s’inscrit dans une diplomatie impérialiste qui s’immisce dans les politiques nationales et privilégie les intérêts américains.

Il est urgent de soutenir les associations luttant pour un financement de la santé à la hauteur ainsi que l’accès aux matériels de prévention et aux traitements pour toustes partout dans le monde. Face à ces politiques racistes et austéritaires, nous devons participer à construire des mobilisations larges pour mettre fin à l’épidémie du VIH.

Loïc Durtoy