À Moissac, la campagne des municipales se déroule dans un climat particulièrement lourd, révélateur de ce que signifie concrètement la gestion d’une ville par l’extrême droite.
Dans cette commune dirigée par le RN depuis 2020, depuis plusieurs semaines, les attaques et les intimidations se multiplient contre les militantEs du NPA-A, présentEs sur la seule liste de gauche aux élections municipales « Moissac Fièr·e·s et Solidaires » qui refusent de laisser le RN imposer son ordre réactionnaire.
Disqualifier toute opposition politique
Après les événements de Lyon qui ont conduit à la mort du militant fasciste Quentin Deranque, le maire RN de Moissac, Romain Lopez, s’est empressé de publier sur Facebook un message accusant le NPA-A — mais aussi LFI — d’être les complices de ce qu’il a qualifié de « crime politique ». Une accusation aussi grave qu’absurde, qui vise surtout à criminaliser l’extrême gauche et l’antifascisme. Une vieille méthode de l’extrêame droite : inverser les rôles pour tenter de faire passer les antifascistes pour les provocateurs, tout en banalisant les idées et les réseaux fascistes afin de légitimer sa propre politique autoritaire.
Quelques jours plus tard, lors du conseil municipal du 19 février, Romain Lopez a poursuivi cette offensive. Prenant pour cible les éluEs de l’opposition qui ont choisi de construire une liste unitaire pour les municipales, il a dénoncé la présence du NPA-A en affirmant que nous voudrions « mettre la police en short pour jouer avec la racaille et fumer un peu de joints avec elle ». Derrière la caricature, c’est la rhétorique classique de l’extrême droite : alimenter les fantasmes sécuritaires et disqualifier toute opposition politique.
Des intimidations violentes
Mais ce climat politique se traduit aussi par des intimidations directes. Le dimanche 22 février, après une diffusion de tracts sur le marché, un camarade du NPA-A, présent sur la liste municipale, a été insulté et menacé dans la rue par Quentin Lamotte, chef de cabinet du maire et élu régional RN : « Sale pute de communiste, des sales types comme toi, on va t’en faire tomber ». Ces propos d’une extrême violence ne sont pas un simple dérapage : ils s’inscrivent dans un climat entretenu par l’extrême droite locale, où les opposantEs deviennent des cibles.
Voilà la réalité du militantisme dans une ville dirigée par le RN : diffamation publique, attaques politiques permanentes et intimidations directes. Mais ces méthodes ne nous feront pas taire. Au contraire, elles montrent l’importance de construire une riposte antifasciste et populaire.
La présence de militantEs du NPA-A dans la campagne municipale à Moissac s’inscrit pleinement dans ce combat : faire reculer l’extrême droite, défendre les intérêts des classes populaires et rappeler qu’aucune ville ne doit devenir un terrain d’expérimentation pour les idées racistes et autoritaires du RN.
Maud Jusnel