Publié le Mercredi 2 avril 2025 à 14h26.

Trump remet en cause les droits démocratiques et fondamentaux

Le site d’observation de la mise en œuvre du « Projet 2025 » de la droite extrême nord-américaine, affiche le 31 mars qu’il reste « 1 391 jours » jusqu’à la fin du mandat (2025 à 2029) du président Trump.

La veille, lui-même avait — une fois de plus — publiquement insisté sur l’idée qu’il pouvait briguer un troisième mandat après 2029. Le texte de la Constitution des États-Unis est pourtant clair. Le 22e amendement, adopté en 1947, indique ceci : « Nul ne pourra être élu à la présidence plus de deux fois […]. » Le texte interdit donc tout troisième mandat, et bien que les deux mandats présidentiels de Donald Trump n’aient pas été successifs mais séparés par celui de Joe Biden de janvier 2021 à janvier 2025, il ne l’autorise pas à se représenter. Or, ce 30 mars 2025 sur la chaîne NBC, le président en exercice plastronne déjà : « Il y a des méthodes pour ça », en ajoutant : « Beaucoup de gens veulent que je fasse ça. » Avant de clore le débat temporairement, en considérant qu’il est « trop tôt ».

Les émeutiers du Capitole graciés

La démocratie, y compris sous sa forme bourgeoise et parlementaire donc réduite, n’est donc pas assurée de voir sa continuité garantie. Trump n’avait-il d’ailleurs pas inauguré son mandat, le premier jour, le 20 janvier 2025, en accordant la grâce à la quasi-totalité des 1 500 émeutiers, la plupart d’extrême droite, qui avaient donné l’assaut sur le Capitole, le siège du Congrès des USA, le 6 janvier 2021 alors que Trump refusait de reconnaître sa défaite électorale contre Joe Biden ? 

Seuls quatorze d’entre eux, parmi les plus violents et les plus lourdement condamnés, membres de milices d’extrême droite tels les Oath Keepers (Ceux qui tiennent le serment) et les Proud Boys (Garçons fiers), ne furent pas totalement graciés. Leur peine, qui allait jusqu’à dix-huit ans de prison pour le fondateur des Oath Keepers — Stewart Rhodes — a toutefois été commuée, ce qui a pour conséquence qu’elle est censée avoir déjà été accomplie.

Menaces sur le droit de vote

Nul besoin n’existera, d’ailleurs, d’abolir formellement la démocratie dans sa totalité. De nombreuses personnes — surtout noires — avaient été exclues de la participation aux élections dans le passé, comme dans les États du Sud. Il pourrait suffire de modifier à nouveau la législation électorale. Or, un président aux USA ne peut pas directement modifier les lois électorales des 50 États. Cependant, à travers un décret présidentiel rendu public le 26 mars, la présidence ordonne aux États de durcir les conditions d’exercice du droit de vote — en matière d’enregistrement préalable, de vérification de la nationalité, de restriction du vote par correspondance —, et menace de couper des financements fédéraux (nationaux) à ceux qui ne suivront pas. La droite au sein des États concernés prendra sans aucun doute le relais. Les mesures, si elles sont adoptées, éloigneront surtout davantage les plus pauvres et les membres des minorités ethniques des urnes.

Homophobie, transphobie et attaques sur les droits des femmes

Les personnes LGBTI font partie des principales cibles des mesures du pouvoir Trump. Ainsi, dans les prisons, les femmes transgenres seront transférées dans des prisons pour hommes, et les genres seront banniEs de l’armée. La législation sur l’avortement restera largement une affaire des États depuis le célèbre arrêt de la Cour suprême — elle-même marquée par les nominations de juges sous le premier mandat de Trump — du 24 juin 2022 qui mit fin à une jurisprudence protectrice en vigueur depuis 1973. Or, au sein de l’armée des USA, les programmes de mobilité qui avaient permis aux soldates enceintes de se rendre dans un autre État plus « permissif » pour faire pratiquer une IVG ont été supprimés. Quid des soldates qui auront été violées ?