Mini-série télévisée franco-islandaise, disponible sur arte.tv jusqu'au 26 avril 2026.
En six épisodes au rythme trépidant, cette mini-série danoise nous embarque dans le sillage de Ditte Jensen, agente dormante des services très spéciaux du royaume, qui cherche à se ranger et aspire à cultiver son jardin.
Elle a, pour cela, élu domicile dans un petit immeuble de Reykjavik, dont elle apprend à partager la vie quotidienne des habitantEs, dans la cage d'escalier, sur les paliers et aux abords immédiats, là où elle entreprend des cultures maraîchères réparatrices. Il est à noter, pour bien appréhender certains éléments de l'histoire, que Reykjavik est la capitale de l'Islande, ancienne colonie du Danemark, indépendante seulement depuis 1944.
Trine Dyrholm, qui incarne avec brio le personnage principal, paye de sa personne pour conférer à Ditte une épaisseur et une fantaisie décoiffante. C'est que cette encombrante voisine danoise n'a de cesse de vouloir aider les copropriétaires du petit ensemble, souvent à leur corps défendant. Rien ne l'arrête, et elle intervient à la fois dans leurs difficultés familiales, personnelles, administratives, et dans leur prise de conscience écologiste, indispensable selon elle à la sauvegarde de la planète. Pour les aider, tous les moyens sont bons, y compris et surtout ceux hérités de sa pratique professionnelle de commando, éprouvée sur les terrains les plus sensibles de la géopolitique mondiale, en particulier l'Afghanistan.
C'est drôle, fantasque, malin, mais aussi très critique – les opérations spéciales au service de l'OTAN hantent ses pensées, ses rêves, sa conscience – et au fil des épisodes se dessine la trame d'une satire sociale qui met en scène les petits égoïsmes particuliers de personnages ordinaires, avance les revendications féministes, internationalistes et écologistes – et évoque une forme d'utopie autogestionnaire matinée de ressorts drôlement autoritaires...
Trine, qui sait tout faire, danse et chante également. Elle nous offre ainsi, en guise de générique, des scènes poétiques et oniriques... mais décalées, empreintes d'une sorte d'ironie flottante, mêlant les somptueux – mais rugueux – paysages islandais à des ballets partagés avec les enfants de la copropriété.
Claude Moro