Seuil, 2025, 208 p., 19 €
« Le XXIe siècle ne vous gouvernera pas, il vous programmera. »
Dans cet essai, Asma Mhalla diagnostique la nature et la mise en place du nouveau système mondial qu’elle qualifie de « fascisme hybride ». Ce dernier n’est pas un copié-collé du fascisme historique, bien qu’il en mime les codes. Il est une expression antidémocratique dans laquelle le pouvoir ne repose plus uniquement sur les États, mais de plus en plus sur des acteurs technologiques capables de contrôler les infrastructures, les données et les canaux d’information. L’alliance entre Donald Trump et Elon Musk est le révélateur parfait de ce nouveau système mondial.
Cette fusion entre nouvelles technologies et valeurs conservatrices du fascisme historique change la forme de l’État : « allégé dans ses fonctions sociales, hyperactif dans le contrôle ». L’État devient minimal, matriciel, un système de management qui remplace une vision politique par l’efficience et l’efficacité au travers d’algorithmes.
Le nouveau lieu du pouvoir est donc la vie virtuelle et les « mass technologies » sont les infrastructures cognitives, sociales et politiques de ce nouveau régime. Au travers des algorithmes, il influence l’intime et les comportements (publicités, contenus…), tout en installant une surveillance de masse.
L’installation de ce nouveau système s’appuie sur le chaos permanent (Trump qui multiplie les polémiques, les fausses informations, sature les médias, le tout amplifié par les réseaux sociaux). Ce bruit constant empêche la pensée de sédimenter et nous rend inaptes à réfléchir. Les esprits sont colonisés.
Pour stopper cette colonisation des esprits, il est nécessaire de revendiquer la liberté de pensée. Seule l’irruption du réel peut perturber ce système : « Le réel comme arme de résistance. Oui, des corps vivants, ensemble, comme arme politique ».
Lousse