Publié le Samedi 21 février 2026 à 14h00.

Soulèvements, de Thomas Lacoste

Film documentaire français, 1 h 45 mn, actuellement en salle. 

Le 11 février 2026 est sorti le film intitulé Soulèvements sur le jeune et néanmoins célèbre mouvement, Les Soulèvements de la Terre. Le documentaire nous entraîne à la rencontre d’une quinzaine de militantEs filméEs assisEs, face caméra, chez elleux ou dans un environnement qui leur est personnel. 

Ce portrait choral, sensible et engagé donne à voir les différents combats menés ou co-­organisés par les Soulèvements depuis 2021, année de leur formation, dans le sillage de la victoire contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, jusqu’aux luttes contre l’A69, en passant par les mégabassines, le « désarmement » de Lafarge ou d’usines de pesticides BASF, ainsi que les mobilisations contre Bolloré et l’extrême droite…

Sensibilité radicale

S’il est plaisamment rappelé que la dissolution voulue par Darmanin et Macron n’a pas abouti, la répression, les attaques et les violences subies par le mouvement des Soulèvements ne constituent pas le cœur du documentaire. C’est la parole militante qui est au centre : la joie de l’engagement, la légitimité résolue affleurent toujours. Évoquant l’organisation de cantines solidaires nourrissant les cheminotEs en grève, l’une des interviewéEs s’amuse à souligner qu’on a envie de « faire grève quand on sait qu’on va bien manger ! » Quant aux moments collectifs — luttes et assemblées — filmés ou photographiés, souvent en noir et blanc, ils se nichent dans des intermèdes où la nature et l’humanité revivent. Ainsi, les chants des oiseaux, les bruissements du vent et de l’eau s’invitent entre les témoignages, faisant écho à la nécessité des combats menés.

Désarmement et action directe

Il y a urgence à contrer tous les projets néfastes pour l’environnement. Les activistes présentéEs dans ce documentaire n’ont décidément rien d’« écoterroristes ». Se nichant dans les arbres pour empêcher la destruction des forêts sur le tracé de l’A69 ou à La Clusaz, désamorçant le pompage d’eau des bassines, préservant les terres, l’eau et les espèces vivant dans des milieux fragiles et menacés, ils ne font que procéder au désarmement de ceux qui attaquent le vivant : l’agro-industrie, les accapareurs d’eau, le business de la bétonisation et des pesticides…

L’action directe est la méthode : les militantEs font preuve à la fois d’intelligence, d’une connaissance théorique autant que sensible du milieu qu’ils défendent. L’apprentissage des techniques de construction et de lutte est au cœur de l’engagement : apprendre, transmettre et défendre le vivant, il n’y a pas d’alternative !

Aurélie