Publié le Mercredi 1 juillet 2026 à 11h00.

Juin 2026, la France brûle. Qui aurait pu prédire ?

90 départements en vigilance orange, 49 en rouge. Près de 500 records. 44,1 °C à Saumur. Santé publique France annonce provisoirement 1 000 décès supplémentaires.

Le SAMU de Paris recensait 109 morts le 27 juin, contre 7 habituellement. 55 noyades entre le 18 et le 25 juin — des gens qui cherchaient à fuir la chaleur. Pendant ce temps, le gouvernement organise des réunions avec climatisation et Nuñez répond : « Non, ce n’est pas un fiasco. Nous étions préparés. » On transmettra aux familles. Lecornu convoque la « responsabilité individuelle » — cette vieille rengaine libérale qui transforme chaque catastrophe systémique en faute personnelle. Si vous crevez de chaud, c’est que vous n’avez pas bu assez d’eau.

 

Ils savaient. Ils savent encore et ne font rien.

En 1988, le GIEC est mis en place avec plus de 2 500 scientifiques. Ses conclusions sont sans ambiguïté. 36 ans de rapports, de conférences, de COP — et chaque fois le même constat : les gouvernements ne sont pas à la hauteur. 

En 2021, le secrétaire général de l’ONU qualifiait le 6e rapport d’« alerte rouge pour l’humanité ». Pendant ce temps, les émissions fossiles ont continué d’augmenter. C’est le résultat de choix politiques au profit de ceux qui lobbyisent à Bruxelles, financent les partis et siègent dans les conseils d’administration. La science criait, l’industrie fossile murmurait à l’oreille des ministres. 

Pendant qu’on brûle, un sommet d’extrême droite européen louait le pétrole : « le climat n’est pas un gros problème ». Où trouvent-ils toute cette énergie ?

Lecornu annonce 100 millions pour les hôpitaux — pour acheter des climatiseurs alors qu’on aurait dû isoler depuis vingt ans. Édouard Philippe propose de « doubler » le Fonds vert pour financer la climatisation des lieux publics. Le nucléaire pour combattre les effets des énergies fossiles. Le capitalisme dans toute sa cohérence circulaire. À quand un plan massif d’isolation des hôpitaux et des écoles ?

 

Le Fonds vert saigné, les lois écocides votées

Le Fonds vert est passé de 2,5 milliards en 2024 à 837,5 millions en 2026 — une coupe de deux tiers, en pleine accélération climatique. Le ministre le justifiait par « l’état des finances publiques » — ces finances qui ont permis des milliards de cadeaux aux riches et de subventions aux fossiles. Les caisses sont vides, mais ­toujours dans le même sens. 

Pendant que Macron défendait ses neuf années de bilan devant un Conseil des ministres sans aucune mesure d’urgence, son gouvernement votait des lois écocides : la loi Duplomb réintroduisant les néonicotinoïdes qui ravagent nappes phréatiques et cours d’eau, facilitant les mégabassines, remplaçant les sanctions pénales pour destruction d’espèces protégées par une amende de 450 euros — éventuellement un stage de sensibilisation. La directive européenne sur la criminalité environnementale est toujours en attente. Aucune condamnation pour écocide en France à ce jour. Sabrer les outils de protection du vivant d’une main, exiger des individus d’être « responsables » de l’autre.

 

Ce qui brûle, c’est un système ; notre réponse, c’est l’écosocialisme

Cette canicule est le produit d’un système qui privatise les profits et socialise les catastrophes. Si la trajectoire actuelle se maintient, la France file vers + 4 °C d’ici 2100 et 23 382 morts liés à la chaleur par an — une guerre permanente contre les plus vulnérables. Nous refusons les faux choix entre l’austérité verte des libéraux et le déni climatique des fascistes.

Notre réponse : planification écosocialiste démocratique, isolation massive du parc immobilier sous contrôle public, sortie accélérée des fossiles avec reconversion des travailleurEs, mise sous tutelle collective de l’eau et de l’énergie, végétalisation et débétonnage massifs, taxation des superprofits. Sortir du capitalisme — pas le repeindre en vert.

Juin 2026 restera l’un des mois les plus frais du reste de nos vies. Pas une métaphore. Pas une projection. Une trajectoire. Il n’y a pas de plan de communication qui tienne face à 44 °C. Il y a urgence à tout embraser.