Le 26 avril 1986, l’explosion du réacteur n°4 de Centrale nucléaire de Tchernobyl marque le début de la plus grave catastrophe nucléaire civile. Quarante ans plus tard, ses conséquences sanitaires, sociales et environnementales persistent, tandis que la guerre et les tensions internationales transforment les installations nucléaires en cibles stratégiques, aggravant encore les risques pour les populations.
Le plus important accident nucléaire de l’histoire aura entraîné des milliers de morts, 200 000 déplacéEs et la contamination radioactive d’une région entière. La gestion de la catastrophe a nécessité des moyens matériels et humains colossaux, le sacrifice de centaines de pompiers et de liquidateurs, héros de l’URSS sur fond de mensonges de l’État soviétique vis-à-vis de sa population et du monde.
La France toujours sans bilan sérieux
En France, seul pays qui n’a pris, à ce moment-là, aucune mesure sanitaire, la communication officielle sur la diffusion de la radioactivité fut désastreuse. Face à l’incurie des autorités, des citoyenNEs ont fondé la CRIIRAD. Après 40 ans de combat, aucun bilan sanitaire sérieux de l’impact du nuage radioactif qui a traversé l’Est de la France n’a été tiré. Selon les analyses de ce laboratoire indépendant, le césium 137 est toujours présent dans le sol de certaines régions (Mercantour), le gibier et certains champignons (Ardèche, Loire).
Dans un volontarisme frénétique et ruineux, Emmanuel Macron projette aujourd’hui un « renouveau » de l’atome avec le projet de six EPR 2. Mais le risque d’accident ne peut être exclu : parc nucléaire vieillissant, risques sismiques ou liés au changement climatique (tempêtes, inondations), malfaçons de matériaux…
Des risques sanitaires
La zone contaminée, inhabitable pour des milliers d’années, était jusqu’en 2022 la destination d’un tourisme de catastrophe. Le démantèlement de la centrale est pourtant toujours en cours. Des équipes d’ouvriers tournent toutes les deux semaines compte tenu des doses de radioactivité.
Les populations les plus précaires utilisent le bois de chauffe et consomment champignons et gibier contaminés. La santé des populations est encore gravement affectée. L’absence de suivi rend impossible un véritable bilan sanitaire. Dans les zones contaminées, moins de 20 % des enfants peuvent être déclarés en bonne santé.
Au gré des normes sanitaires différentes entre pays et du marché agroalimentaire mondial, des myrtilles radioactives peuvent même se retrouver dans nos assiettes.
Les installations nucléaires cibles de guerre
La guerre compromet la sécurité du site. L’arche de protection du sarcophage a été gravement endommagée en 2025 par un drone russe. Des fonds internationaux seront sollicités pour un coût de restauration estimé à 500 millions d’euros. Des salariéEs spécialiséEs accepteront-ils de revenir travailler à Tchernobyl, sous la menace régulière de drones et de missiles russes ?
Au sud de l’Ukraine, la centrale de Centrale nucléaire de Zaporijjia occupée est sous contrôle militaire russe depuis 2022. Le personnel ukrainien chargé de sa maintenance est maltraité et contraint. Les déconnexions répétées du réseau électrique ont mis en danger à treize reprises le refroidissement indispensable des six réacteurs. Sur un autre terrain de guerre, en mars et avril 2026, les États-Unis et Israël ont bombardé plusieurs sites nucléaires en Iran.
Les installations nucléaires civiles, hautement vulnérables, sont aujourd’hui des cibles de guerre délibérées. Dans un contexte géopolitique instable, elles constituent un grave danger pour les populations civiles. Les appels de l’Agence internationale de l’énergie atomique à cesser ces attaques n’y changeront rien.
Commission nationale écologie