Publié le Jeudi 2 avril 2026 à 16h30.

Prisma annonce le plus grand plan social de la presse magazine

Le couperet est tombé. Le 30 mars 2026, la direction de Prisma Media (GEO, Capital, Télé Loisirs, Simone, …) a annoncé un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) d’une violence inédite : 261 postes supprimés, soit environ 40 % des effectifs du plus gros groupe de la presse magazine française. Un véritable carnage pour les travailleurEs, orchestré par l’empire Bolloré.

Ce plan de licenciement, le plus massif de l’histoire de la presse magazine du pays, s’inscrit dans la reprise en main éditoriale du groupe cédé en 2021 au milliardaire réactionnaire, Vincent Bolloré. 

Reprise en main éditoriale et purge sociale

En septembre, après le départ de la présidente, Claire Léost, le poste de directeur des rédactions a été confié à Serge Nedjar (déjà patron de CNews) et la présidence du groupe confiée à Gérald-Brice Viret (déjà patron de Canal+), deux des plus proches lieutenants du milliardaire breton, qui annonçaient la reprise en main éditoriale du groupe.

Tandis que la direction invoque des difficultés financières induites par des « bouleversements économiques majeurs » (le déploiement de l’IA notamment) pour justifier son plan de licenciements, Prisma Media affiche un résultat opérationnel de + 6 M € (seul groupe de presse français bénéficiaire en 2025 avec Reworld Media), bien mieux que les 7 M € de pertes annuelles du JDD News, autre propriété de Bolloré, pourtant pas inquiétée par de quelconques plans sociaux.

En deux ans, il s’agit de la troisième vague de départs imposée au groupe, qui comptait près de 900 salariéEs en 2021 lors de son rachat et qui en compterait un peu moins de 400 après ce PSE. Il ne s’agit pas ­seulement de « cost-killing ». Bolloré importe ses méthodes : dépecer les collectifs de travail pour imposer sa ligne réactionnaire et identitaire. En réponse, une intersyndicale CGT-CFDT solide s’est constituée afin de mobiliser largement les salariéEs pour faire front commun.

Presse et capitalisme

La situation à Prisma illustre la phase actuelle du capitalisme de presse, qui n’échappe pas à la crise globale que traverse le capitalisme dans son ensemble, et la concentration des médias entre les mains de quelques milliardaires (Bolloré, Arnault, Drahi) doit nous pousser à remettre en avant la question de la propriété privée des moyens de production intellectuelle.

Qu’il s’agisse de l’utilisation de l’IA pour « remplacer » les journalistes ou des discussions autour de la mort annoncée de la presse papier (voire aujourd’hui de la presse numérique), ces discours apocalyptiques sur la dichotomie homme/machine et la « disparition du travail humain » ont pour fonction de faire peur et de déplacer les problèmes.

La presse est un relais de l’hégémonie culturelle de la bourgeoisie, mais suppose (dans un capitalisme en crise) d’accepter d’investir dans un secteur sans perspective de rentabilité. Pour ne pas trop y perdre, la bourgeoisie n’a donc pas d’autre option que de resserrer la vis autour de l’intensification de l’exploitation de la force de travail et de la destruction des cadres d’organisation des travailleurEs au nom de la « maîtrise des coûts ».

Face à cet engrenage délétère, imposons l’interdiction des licenciements, l’expropriation des grands groupes de presse sans indemnité ni rachat, et leur mise sous le contrôle des travailleurEs et des lecteurEs. Seule la fin de la propriété privée des moyens de production intellectuelle garantira une information libre, loin des griffes de la bourgeoisie réactionnaire.

Solidarité totale avec les camarades de Prisma ! Pas un licenciement ne doit passer !

Rackham