Publié le Jeudi 2 avril 2026 à 14h30.

Ziegler : liquidation brutale, 1 500 emplois sacrifiés

À Saint-Étienne comme dans toute la France, la liquidation de Ziegler France, prononcée le 31 mars, laisse les salariéEs sans perspective. Derrière la « catastrophe économique », les responsabilités patronales sont pointées.

Devant le site stéphanois, comme un peu partout en France, les salariéEs se mobilisaient encore ces derniers jours pour sauver leurs emplois. Mais le verdict est tombé : le tribunal de commerce de Lille Métropole a prononcé la liquidation judiciaire de Ziegler France, entraînant la suppression d’environ 1 500 postes.

Sur place, comme ailleurs, l’activité était déjà quasiment à l’arrêt depuis des semaines. « On ne faisait plus rien », résumaient plusieurs salariéEs, confrontéEs à l’absence de travail, aux retards de paiement et à la perte des clients. À Saint-Étienne, où une trentaine de salariéEs sont concernéEs, beaucoup n’ont plus d’illusions sur leur avenir, d’autant que retrouver un emploi dans le secteur, souvent après des années de conditions de travail éprouvantes, s’annonce difficile.

Le prix des carburants n’explique pas tout

Au niveau national, la décision a provoqué colère et incompréhension. À Tourcoing, des salariéEs ont hué le tribunal, dénonçant des « assassins ». L’avocat du comité social et économique évoque une « catastrophe économique » qui n’aurait jamais dû atteindre une telle ampleur.

Les difficultés de Ziegler France ne datent pas d’hier : perte de contrats, impayés auprès des sous-traitants, instabilité de la direction, activité progressivement arrêtée dans de nombreuses agences. Pour les organisations syndicales, la responsabilité de la direction est clairement engagée. Le tribunal lui-même fixe l’état de cessation de paiement à septembre 2024, bien avant le dépôt de bilan tardif.

Si la flambée des prix du carburant liée à la guerre au Moyen-Orient a aggravé la situation, elle ne saurait expliquer à elle seule l’effondrement du groupe. En quelques mois, une entreprise réalisant encore des bénéfices s’est retrouvée à l’arrêt complet.

Les salariéEs sacrifiéEs

Au-delà du cas Ziegler, c’est toute la crise du transport routier de marchandises qui apparaît en filigrane : concurrence exacerbée, dumping social, dépendance aux coûts de l’énergie. Dans ce contexte, les salariéEs servent une nouvelle fois de variables d’ajustement.

Le gouvernement, qui assurait encore récemment « suivre la situation de très près » et chercher des repreneurs, n’a pas empêché la liquidation. Seules deux filiales bénéficient d’un sursis temporaire, laissant planer un espoir très limité.

À Saint-Étienne comme ailleurs, la mobilisation reste pourtant d’actualité. Face à une liquidation éclair et à des responsabilités patronales pointées, la question des indemnités extra-légales devient l’enjeu immédiat. Au-delà, il est temps de mettre en perspective une mobilisation générale contre les licenciements et de rouvrir la question du contrôle démocratique sur les entreprises.

CorrespondantE