À l’occasion de la Journée de la Terre, le 30 mars, les mobilisations du 28 mars s’inscrivent dans une histoire longue de résistance palestinienne face à la dépossession et à la répression. Alors que la guerre et les politiques coloniales s’intensifient à Gaza, en Cisjordanie et au Liban, elles rappellent l’urgence de la solidarité internationale.
La Journée de la Terre, le 30 mars, renvoie à un moment central de l’histoire palestinienne : en 1976, une grève générale éclate en Palestine historique contre la confiscation de terres appartenant à des Arabes par l’État d’Israël. C’est la première mobilisation de masse des PalestinienNEs dans les territoires de 48, où ils et elles sont censéEs être « égaux ». Les terres visées se situent notamment à Sakhnin, Arraba et Deir Hanna, dans le cadre de la politique de « judaïsation de la Galilée ». Ce jour-là, six PalestinienNEs non arméEs sont tuéEs par les forces israéliennes lors de manifestations. Près de 50 ans plus tard, les PalestinienNEs sont toujours là et continuent de lutter contre la confiscation des terres et la répression sanglante de l’État israélien.
Mobilisation nationale le 28 mars
Les manifestations régionales du 28 mars prochain constituent un moment clé pour rappeler au monde entier la lutte légitime du peuple palestinien pour la terre face à un État colonisateur et génocidaire. Elles soulignent que la politique d’expropriation se poursuit en Cisjordanie comme à Gaza, tandis que des centaines d’attaques, sous forme de pogroms, frappent des villages au nord près de Naplouse et au sud à Massafer Yatta et Hébron. Certaines ont consisté à incendier des maisons avec leurs habitantEs à l’intérieur.
Elles rappellent l’ampleur du génocide à Gaza : l’aide arrive toujours au compte-goutte et les GazaouiEs vivent sous la menace constante des bombardements et des tirs meurtriers. Selon une étude récente, « à Gaza, plus d’un million d’enfants ont besoin de services de santé mentale et de soutien psychosocial », soit presque l’ensemble des moins de 18 ans. Ainsi, 96 % des enfants estiment leur mort imminente, signe de l’intensité de la peur et du traumatisme vécus au quotidien. Environ 61 % des enfants et adolescentEs souffrent de syndrome de stress post-traumatique, 38 % de dépression et 41 % d’anxiété. La situation est tout aussi alarmante chez les adultes, dont un sur cinq envisage le suicide quasi quotidiennement. Il s’agit d’une crise de santé mentale majeure, largement négligée, dans un contexte où l’humanité des PalestinienNEs est sans cesse remise en cause.
Mais l’État israélien a étendu ces politiques au-delà de la Palestine historique. Profitant de la guerre contre l’Iran et invoquant la menace du Hezbollah, il applique au Liban les mêmes logiques qu’à Gaza : destruction et rasage de villages entiers au sud du pays, en empêchant les habitantEs d’y retourner. Les infrastructures de santé sont également ciblées, en particulier les soignantEs : près de 40 ont été tuéEs depuis le début de la guerre, souvent lors d’attaques « en double ». Les secouristes du Sud-Liban expliquent devoir dormir seulEs dans leurs véhicules, s’éloigner les unEs des autres et limiter leurs équipes à deux ou trois personnes pour ne pas devenir des cibles.
Amplifier l’érosion du soutien à Israël
Pourtant, après l’Assemblée générale de l’ONU et le Conseil de sécurité, ce sont les pays du G7 qui dénoncent les attaques « inacceptables » de… l’Iran contre des pays abritant des bases américaines. Le monde à l’envers : les agresseurs ne sont même pas mentionnés. Seule l’Espagne, par la voix de son Premier ministre, n’a pas participé à ce concert de soutien à l’entreprise meurtrière israélo-étatsunienne. Si la majorité des pays de l’ONU ont condamné les bombardements iraniens, le soutien international à la guerre contre l’Iran et, plus largement, à l’impérialisme apparaît de plus en plus fragilisé.
Bien que fidèle soutien à la politique génocidaire d’Israël, l’Allemagne a abandonné son intervention à la Cour internationale de justice, tandis que plusieurs pays ont rejoint l’Afrique du Sud dans la procédure pour génocide. Pourtant, malgré les crimes de guerre commis au Liban, la France continue de soutenir l’État israélien, faute de pressions suffisantes.
La Palestine et la lutte contre l’impérialisme israélien restent plus que jamais à l’ordre du jour, dans un combat qui dépasse largement la région. La dynamique génocidaire et impériale à l’œuvre risque de servir de modèle contre d’autres peuples en lutte. La Journée de la Terre est celle de la solidarité internationale : soyons nombreux le 28 mars en manifestation.
Édouard Soulier