Publié le Vendredi 5 juin 2026 à 09h00.

Trump prive les immigréEs de leurs droits, mais la résistance se poursuit

L’administration Trump intensifie sa politique anti-immigréEs. Malgré la répression, les mobilisations et les résistances se poursuivent.

Alors que Trump est occupé par une guerre contre l’Iran, ses projets concernant Cuba et la rénovation de la Maison Blanche, Stephen Miller, conseiller à la Sécurité intérieure et raciste d’extrême droite, œuvre sans relâche pour emprisonner et expulser davantage d’immigrés et rendre l’Amérique plus blanche. Mais des responsables politiques, des avocats et des manifestantEs continuent de prendre des risques pour résister.

Une politique meurtrière

À Delaney Hall, un centre de détention de Newark (New Jersey), des manifestantEs soutiennent la grève de la faim des personnes détenues qui protestent contre la nourriture infestée d’asticots, la surpopulation, le manque de couvertures et l’insuffisance des soins. Les Proud Boys, un groupe néonazi d’extrême droite, sont venus soutenir l’ICE, qui a malmené les manifestantEs. La gouverneure Mikie Sherrill, une démocrate, a envoyé la police d’État apaiser les tensions.

Cette lutte se déroule à travers tout le pays. Officiellement, plus de 170 personnes sont décédées en garde à vue ou dans des centres de détention de l’ICE entre 2003 et 2025. Les agents de l’ICE ont tué au moins quatre personnes au cours du second mandat de Trump et leurs tirs ont blessé au moins 17 autres personnes.

Privation des droits et départs contraints

L’administration Trump prend des mesures pour que les migrantEs se voient refuser des emplois, perdent leur couverture médicale, soient privés de crédits d’impôt et ne puissent pas inscrire leurs enfants en crèche. Miller espère persuader les migrantEs de partir en rendant leur vie aux États-Unis insupportable. 

Entre janvier 2025 et mars 2026, les juges de l’immigration ont rendu environ 80 000 décisions d’auto-expulsion contrainte, sous l’effet des conditions de vie, d’une détention dégradante, ou par la menace d’un « renvoi vers un pays tiers ». Certains estiment qu’au total deux millions de migrantEs sont partiEs.

Le droit d’asile bafoué

La « politique de refoulement », mise en place sous Obama et poursuivie par Trump, a conduit au renvoi de centaines de milliers de demandeurs d’asile à la frontière, en contradiction avec le droit national et le droit international. Bien que plusieurs tribunaux aient jugé cette politique illégale, la Cour suprême ne s’est pas prononcée et l’administration Trump l’a maintenue.

En parallèle, l’État de New York a établi de nouvelles règles exigeant que les agents de l’ICE se fassent connaître, restent à l’écart des écoles, des hôpitaux, des refuges et des lieux de culte, et interdisant à la police de coopérer avec eux. L’ICE, organisme fédéral, affirme qu’elle n’est pas tenue de se conformer aux lois de l’État. 

Il est important que la résistance, sous toutes ses formes — législative, juridique et dans la rue —, se poursuive.