Publié le Samedi 18 avril 2026 à 14h00.

Non à la répression contre les free parties !

Une nouvelle loi renforce la répression des free parties, criminalisant organisateurEs et participantEs au nom de l’ordre public. Derrière ce durcissement, c’est toute une culture festive autonome et des espaces de liberté qui sont visés.

Dans un contexte politique marqué par le matraquage des « idées » de l’extrême droite, Laetitia Saint-Paul, la députée du groupe Horizons & Indépendants, macroniste du Maine-et-Loire, a fait adopter par l’Assemblée nationale (78 voix contre 67) la proposition de loi visant à « renforcer la pénalisation de l’organisation de rave parties ». Un seul ressort, la répression. Un seul Horizon, la détestation de la jeunesse, de sa musique et des marges !

La matraque

Depuis plusieurs années, les rassemblements festifs sont dans le viseur. On se souvient de la très brutale intervention policière contre la grande fête autogérée qui avait été organisée dans un hangar désaffecté de la campagne bretonne, à Lieuron, et avait réuni plus de 2 000 personnes à l’occasion du réveillon de la nouvelle année 2021. Le problème pour l’État et les tenants de la répression, c’est que les six personnes désignées pour payer le prix de leur audace — faire la fête, en toute liberté, en plein couvre-feu lié à l’état d’urgence sanitaire ! — ont fini par être relaxées malgré le déploiement d’un énorme arsenal policier et judiciaire.

Alors, le vertigineux « vide juridique » devait être comblé ! C’est chose faite, grâce au travail zélé de la députée Saint-Paul. Ainsi, l’organisation d’un rassemblement festif « sans déclaration ou en violation d’une interdiction prononcée par le préfet de département » devient un délit passible de six mois de prison et de 30 000 € d’amende. Et pour n’oublier personne, les simples participantEs pourront être sanctionnéEs d’une amende de 1 500 €. Le texte prévoit également l’abaissement du seuil de déclaration obligatoire de 500 à 250 personnes, ainsi que la possible poursuite de toute personne impliquée dans la diffusion d’information ou le transport de matériel de sonorisation.

À bas l’insolence !

Le collectif Tekno Anti Rep dénonce un texte établi sans aucune concertation, malgré ses nombreux efforts pour arriver à une discussion avec les pouvoirs publics, et la Coordination nationale des sons, dans une lettre ouverte à la députée, conclut : « Vous n’arrêterez pas les free-parties, vous allez les radicaliser ».

Que des jeunes s’organisent entre elleux pour participer à des événements festifs, pour écouter de la techno, sans demander la permission à l’État et aux bourgeois — sans rien payer à personne ! — c’en est trop pour ces politicienNEs à la petite semaine qui ne supportent pas que des zones de liberté subsistent dans la démocratie policière. Le choix de cette députée, Laetitia Saint-Paul, doit-il être considéré comme une provocation ou comme un avertissement ? Ancienne officière de l’armée de terre, ancienne élève de l’École militaire de Saint-Cyr, cette élue macroniste a le profil idéal pour incarner le rêve macroniste d’une jeunesse aux ordres, prête à défiler au pas au son de la musique militaire.

Louison Le Guen