Publié le Vendredi 4 avril 2025 à 15h00.

Pour le logement et l’hébergement, la lutte continue

Contre la fin de la trêve hivernale, dans des dizaines de villes des actions ont eu lieu : manifestations, actions de sensibilisation sur les marchés, organisation de piquets anti-expulsions...

Sur l’hébergement aussi, l’ambiance est à la rébellion, plusieurs maires, pousséEs par les combats des premierEs concernéEs et leurs soutiens, poursuivent en justice l’État pour obtenir des ­remboursements des frais engagés à sa place.

Une première victoire contre l’État

Devant l’inertie de l’État, des personnes à la rue se regroupent et occupent différents lieux : un local désaffecté, un gymnase, un théâtre, une école. Les CCAS des villes assurent alors les frais de ces mises à l’abri. Les manifestations, rassemblements et autres formes de lutte rappellent depuis des années l’inconditionnalité du droit à l’hébergement d’urgence et sa mise en application par l’État et incitent les villes à se retourner contre celui-ci. C’est chose faite aujourd’hui. La ville de Strasbourg a demandé au tribunal administratif un remboursement de 900 000 euros et celle de Rennes 3 millions. La communauté du Pays basque a obtenu quant à elle 836 740 euros et Grenoble 76 000. C’est un début pas une fin, les luttes continueront jusqu’à ce que la réquisition des logements vides par les villes, les communautés de communes ou l’État permette le logement pérenne de toutes et tous.

Un toit pour tous et toutes !

La « plateforme logement pour toustes », émanant des syndicats professionnels, des syndicats de locataires et des associations dont Attac, le FUIQP, le Dal etc. documente et dénonce une politique du logement globalement orientée vers le profit contre le besoin vital de se loger. L’État est générateur de ce profit via les politiques publiques mises en place : augmentation des prix de l’immobilier foncier et locatif, soutien à la gentrification et à la spéculation pour les propriétaires et les entreprises du BTP, baisse des APL et des aides à la construction du logement social, hausse des loyers et des charges et facilitation des expulsions pour les locataires. L’État est aussi profiteur du logement cher : il encaisse des recettes fiscales, 90,7 milliards en 2023, deux fois plus qu’il n’en distribue sous forme d’aides. 

Face à cette politique cohérente pour les riches, notre programme de revendications est unitaire et radical : nous luttons pour l’arrêt des expulsions, un relogement décent, adapté, abordable, l’application stricte de l’inconditionnalité de l’hébergement financée par l’État, le respect de la loi Dalo, la réalisation de 250  000 logements sociaux par an, l’arrêt de la vente et de la destruction des logements, la baisse des loyers, la gratuité des premiers mètres cubes d’eau et kWh d’électricité. Nous militons aussi pour la mise aux normes des passoires thermiques et une rénovation régulière des parcs HLM sans augmentation des loyers, l’abrogation de la loi Kasbarian et la réquisition des logements vacants. La fin des discriminations racistes dans l’accès au logement. Rien ne nous sera donné, seule la lutte paye !

Victorine Laforge