Publié le Mercredi 30 septembre 2026 à 12h56.

Une autre école est possible

Face à la casse méthodique du service public de l’éducation, aux réformes de tri social et à la logique du managérialisme ambiant, la résignation n’a pas sa place. Une autre école est non seulement possible, mais urgente. Elle ne naîtra ni des cabinets de conseil ni des ministères au service des marchés, mais des luttes des personnels, des parents et des élèves.

Pour briser la reproduction des inégalités, nous affirmons que l’éducation doit être arrachée aux logiques patronales de compétition et de rentabilité. Une école véritablement égalitaire exige des moyens à la hauteur : une réduction drastique du nombre d’élèves par classe, la titularisation immédiate de tous les personnels précaires (notamment les AESH et les AED), l’embauche de nouveaux personnels, la gratuité totale de la scolarité, la ­rénovation des bâtis, le recul de la militarisation de la jeunesse et l’abrogation des outils de sélection comme Parcoursup. Elle s’accompagne aussi de la fin des financements des établissements privés et de l’abolition des lois racistes telles que la loi de 2004 sur le port du voile.

Mais l’alternative est aussi pédagogique. Contre l’apprentissage utilitariste destiné à former de futurs exécutantEs dociles, nous revendiquons une pédagogie coopérative, critique et polytechnique. L’école doit être un lieu où l’on développe la solidarité plutôt que la compétition, où la culture et le savoir sont partagés sans hiérarchie, où l’élève est au centre de ses apprentissages. Une école où l’on apprend pour comprendre le monde et acquérir les moyens de le transformer, pas pour alimenter la machine à profits.